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 Livre noir de la confrérie de l'Ombre

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Amato
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Date d'inscription : 20/02/2007

MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Mar 15 Juin - 16:45

Infiltration



Cycle :
Allégeance





La longue caravane arriva en vu des portes du
château d’Amakna. Je relevais un coussin de ma couche pour avoir une meilleure
vue des alentours. Un bontarien monté sur une dragodinde passa à proximité.


« Pourquoi nous arrêtons-nous soldat,
demandais-je d’un ton langoureux en me baissant de ma couche à porteur
suffisamment pour qu’il est une vue plongeante sur mon décolleté. »


« Nos soldats vérifient la sureté des
appartements des dignitaires Comtesse Dol Amroth, me répondit le soldat en
tentant de garder ses yeux sur mon visage. Amakna est neutre, donc des agents
de Brakmar la sombre pourrait tenter quelque chose. »


Comme pour confirmer ces dires, un groupe
d’individus surgit des collines alentours.


« Brakmaaaaaaaaaar !!!! »


« Rester à l’intérieur de votre couche, vous
serez plus en sécurité, m’ordonna le soldat avant d’empoigner son épée et faire
demi-tour à sa dinde. »


Ma main se porta instinctivement aux dagues
cachées dans mes robes aux multiples couches, mais je dus me faire violence
pour ne pas intervenir et rester dans mon rôle de comtesse de la cité de Bonta.
Après quelques simagrées je réussis à me composer une mine affolée devant les
cris qui venait du bord de la caravane, mais ne pu m’empêcher de trouver une
position me permettant d’observer la bataille. Les gardes bontariens s’étaient
déployés pour protéger la caravane, mais ils avaient tellement de surface à
couvrir que les brakmariens, même moins nombreux, arrivaient à s’infiltrer dans
les rangs de la cité blanche. Une corne retentit dans la citadelle du roi Alistair
et un nuage de fumée s’éleva. Une troupe de garde royaux, mené par Lancelle-Oh
menait une charge pour prêter main forte aux gardes bontariens. Je soupirais de
dépit voyant qu’avec ses renforts je n’aurais aucune excuse pour me dérouiller
les muscles, quand une paire de main se plaquer sur ma gorge et me fis basculer
hors de ma couche. Mes instincts de combattantes reprirent le dessus, et je me
rétablis avec souplesse sur le sol, les brakmariens pensant enlever une pauvre
petite princesse fragile n’ayant pas pris de précaution particulière en me
jetant à bas de ma couche. Leurs rires gras moururent quand ils me virent me
redresser et arracher au premier soudard qui était à ma portée son épée, après lui
avoir fracassé le nez d’un bon coup de coude.


« Tiens donc on dirait qu’on a délogé une
petite furie, grinça un des brakmariens. »


« Chouette j’aime quand elles ont du
caractères, ajouta un second qui s’avança vers moi. »


« Regarder comment elle tient l’épée de ce
bon à rien de Moe, elle a du observer son popa qui faisait des défilées dans
les grandes rues de Bonta. »


Ils étaient cinq autour de moi, et de nouveau sûr
de leur supériorité … les pauvres fous. Je fouettais l’air d’un mouvement
maladroit, ouvrant une brèche dans ma garde. Un soldat plongea dans la brèche,
avant de valdinguer en sens inverse, mon genou l’ayant cueilli en plein ventre
dans son élan. Continuant dans mon mouvement je frappais à la glotte un second
soudard, qui s’effondra en toussant violement, tentant de faire passer de l’air
dans sa trachée écrasée. Voyant la situation se détériorait, les brakmariens se
ruèrent vers moi à l’unisson. Je me laissais tomber à terre et glissa sous mon
carrosse, forçant mes assaillants à s’arrêter une fraction de seconde. Prenant
appui sur un essieu, je me propulsais sur les deux premiers gardes, qui me
reçurent de pleins fouets, dans un chaos de membres entremêlés et de brisements
d’os. Continuant mon mouvement je fis un roulé boulé qui m’amena devant le
dernier brakmarien. Ma jambe fulgura et le cueillit sous le menton, lui brisant
quelques dents voir la mâchoire. Le dernier assaillant s’effondra comme une
poupée de son.


« Hé bien tout les voyageurs de cette
caravane serait aussi efficace pour se défendre, nous n’aurions pas eu à
intervenir dit une voie qui me rappela ma cuisante défaite de notre première
rencontre. »


« Ce n’est pas quelques brigands de bas
étages qui me font peur chevalier, dis-je en époussetant ma robe, en priant
pour que tout les artifices sur ma personne l’empêcherait de me
reconnaitre. »


Le iop fit une moue mi-dédaigneuse, mi-ironique en
détaillant l’équipement d’un de mes assaillants assommés.


« Ce ne sont pas des simples bandits de grand
chemin mais des commandos Ouginaks, des soldats d’élites de Brakmar Dame
… »


« Dol Amroth, Comtesse de Bonta, répondis-je
d’un ton altier. A qui ai-je l’honneur ?»


« La fameuse famille de forgeron de Bonta, il
n’est pas étonnant qu’elle manie aussi bien les armes, dit un des soldats
d’Allister. »


« Mon nom est Lancelle-Oh, conseiller et chef
militaire de Sire Allister d’Amakna, répondis le Iop après avoir fait taire
d’un regard son subordonné. Excusez mon impertinence Comtesse, mais les Dol
Amroth ne sont-ils pas par tradition des disciples d’Enutrof. »


« En effet chevalier, beaucoup des membres de
ma famille sont des fidèles d’Enutrof, mais vous conviendrez que les disciples
de Iop sont les meilleurs quand il s’agit de tester et de créer de nouvelles
armes, répondis-je. »


Le Iop acquiesça en croisant mon regard.


« Puis-je vous aidez à remonter dans votre
couche Comtesse, après cette attaque nous allons faire entrer la caravane avant
que d’autres accidents n’éclatent. »


Je pris la main qu’il me tendait et montait avec
toute la grâce que Sensuel et Etoilée m’avaient inculquées lors de ma
préparation, laissant le chevalier tout le loisir de me reluquer.


« Hé bien chevalier, j’espère que nous
pourrons nous recroiser lors de mon séjour, histoire de prier Iop ensemble,
dis-je d’un ton mutin. »


« Ca sera un plaisir Comtesse, répondit-il
alors que la caravane s’ébranlait de nouveau. »





Le château d’Allister était en pleine ébullition,
l’arrivée d’une caravane de dignitaire bontarien avait déjà électrisé
l’atmosphère, l’attaque a quelques lieux des portes du château n’ayant pas
arrangées les choses. Fidèle à mon rôle de membre d’une des familles nobles les
plus importantes, je fis tout pour passer outres les désagréments en usant et
abusant de mon rang, comme mes deux tutrices me l’avaient appris. Je me fis
mener dans ma suite, attirant tout les regards des courtisans et autres
sangsues de la cour royale. Laissant mes suivantes investirent la suite, je me
dirigeais vers ma chambre pour me départir un peu de mon rôle.


« Alors Flamboyante, comment trouves-tu la
champêtre cour de ce gros plein de soupe d’Allister, me demanda Ombre Sensuel
qui était installé confortablement sur le grand lit à baldaquin de ma
suite. »


« Sensuel, que fais-tu ici,
hoquetais-je. »


« Comme toi ma chère, je sers l’Ombre,
répondis la veuve noire. »


« Je pensais être seul sur ce coup là, le
fait que vous étiez toutes trop connus était l’excuse pour me forcer à jouer la
princesse sadida, maugréais-je en enlevant ma certes jolie mais encombrante
robe. »


« Qu’as-tu fais à ta robe, on pourrait croire
que tu t’es battu, s’étonna la sacrieuse. »


« C’est ce qui s’est passé, des brakmariens
sont venus jouer les troubles fêtes et j’ai dû me défendre,
m’expliquais-je. »


« Te connaissant, j’imagine que tu les as
bien aidé à venir troubler la fête, soupira Sensuel. »


« Me crois-tu assez bête pour risquer ma
couvertures pour aller dézinguer quelques brakmariens en goguettes,
m’emportais-je. »


« Bien sur que non Flamboyante, Ombre Terre a
bien choisis ton pseudonyme, tu es bien explosive, ironisa ma camarade. »


« Et toi tu n’as toujours pas répondu à ma
question, répliquais-je. »


« En effet, ce déferlement de soieries et de
diplomatie ne te font pas perdre ton pragmatisme, dit Sensuel. Pour ta gouverne
je suis chargé du coté furtif de la mission, toi seule ne pourrais pas réaliser
ta mission, même si Allister n’est pas aussi bien protégé qu’un dignitaire
d’une des deux cités, il a quand même une solide garde, surtout depuis
l’arrivée de ce maudit Iop. »


Je fis semblant de m’absorber dans le déballage de
ma malle personnelle où étais rangé mes armes et équipements qui serais indigne
d’une comtesse.


« Hé bien, en attendant qu’une occasion se
présente, moi je vais profiter de ta suite dit Sensuel en s’emparant d’une
fiole présente dans une série de cadeaux de bienvenue. »


« Dis le moi si je te gêne, ronchonnais-je.
En plus comment vas-tu faire avec les serviteurs ? »


« Ils sont pour la plupart des associées de
la Confrérie, de plus ils sont habitués à ne pas poser de questions et à ne pas
révéler ce qu’ils voient qui sortent de l’ordinaire, c’est une question de
survie pour eux. Quand à toi, ta présence me gênera pas, et si c’est moi qui te
gêne, je suis sur qu’en jouant de ton charme tu pourras trouver un charmant Iop pour partager tes nuits,
pourquoi pas ce chevalier casse pied, tu ferras d’une pierre deux coups. »





Que l’Ombre s’étende.
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Amato
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MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Mer 30 Juin - 22:39

Assassinat
romantique


Cycle :
Allégeance





Les lumières de la piste de dance tournoyaient
autour de moi. La musique du distingué orchestre qui était venu par la même
caravane que moi couvrait avec peines les froufrous des robes alambiquées que
les courtisanes et les nobles portaient et faisaient tourner sur la piste.
Ombre Sensuel avait profité de l’occasion pour sortir, vêtue d’une robe
bouffante et d’un loup recouvrant son visage. Sachant qu’elle était là je me
permis de me détendre quelques instants, oubliant presque le roi Allsiter
bedonnant qui contemplait la piste d’un œil maussade, surtout le fringant noble
qui tournait autour d’Allisteria, sa jeune nièce. En entrant dans la salle de
bal j’avais pensé à une tentative d’assassinat, mais la présence dans un coin
de Lancelle-Oh m’avait dissuadé, tant que je n’aurais pas trouvé une faille
exploitable en lui, toute action serait vaine. Profitant d’un moment de répit
dans l’enchainement de danse, je jetais un œil à la position de Sensuel qui
était en pleine discussion avec plusieurs nobles de la cour d’Amakna. Alors que
je faisais une courbette à mon cavalier du moment, une paire de bras vigoureux
m’enceint et commença à me faire virevolter sur la nouvelle musique, bien plus
rythmé que la précédente.


« Comtesse Dol’Amroth de Bonta, voulez-vous
m’accorder cette danse ? »


« Chevalier Lancelle-Oh de la cours d’Amakna,
vous semblez guère vous soucier de l’étiquette, répondis-je. »


« Vu comment vous vous êtes battu à notre
première rencontre, je doutes que l’étiquette soit toujours votre priorité
comtesse. »


« Vu comment je me suis battu à notre
première rencontre, je serais parfaitement capable de vous coller une raclée
ici, répondis-je du tact au tact. »


Le iop éclata de rire et je le détendis dans ses
bras, le laissant me guider sur la piste de danse, chose qui était bien rare
avec moi. Le temps se distordis et j’eux l’impression que cette danse dura des
heures, les pas de danse s’égrenant comme les perles des colliers des
précieuses qui cancanaient autour de nous. Lorsque la musique commença à perdre
son rythme, indiquant bientôt sa fin, le Iop se pencha au creux de mon cou.


« A
notre première rencontre vous avez proposé que nous allions prier Iop ensemble
si nous nous recroisions, je pense qu’il serait de bon ton de tenir cette
promesse face à notre dieu. »


Un éclair de surprise me passa dans les yeux. La
situation m’échappait, et je ne l’avais pas vu avant qu’il soit trop tard.


« Je doute qu’il soit de bon gout de partir
au milieu du bal donné en l’honneur de l’amitié entre Amakna et Bonta, dis-je
d’un ton sérieux. »


« Voyons Comtesse, il y’a tant de gens ici
que je doute que votre absence se fasse ressentir, et puis il faut bien laisser
d’autres couples faire des prouesses dans ce bal, sinon vous allez vous faire
des ennemis mortels, répondit d’un ton léger. »


A mon grand soulagement, Sensuel apparut dans mon
angle de vision. En quelques gestes discrets je lui décris la situation. Une
mimique amusée passa sur le visage de la confrère, que je réussis à deviner
malgré son loup. D’un mouvement subtile de la tête elle me donna l’accord de
partir, la sortie du Iop devait surement l’intéresser, ainsi que la mienne, la
veuve noire faisant tout pour rappeler que c’était elle qui siégeait dans
l’ombre de la Maitresse de l’Ombre, outil le plus efficace de celle qu’elle
servait avec dévotion.


« En effet, vous avez raison Chevalier,
allons prier Iop ensemble, acquiesçais-je finalement. »


« Appelez-moi Lancelle Comtesse, dit-il en me
tendant la main. Je suppose qu’il va falloir aller dans vos appartements pour
que vous puissiez prendre votre lame. »





« J’ai fais réhabiliter cette salle
d’entrainement moi-même, la garde n’avait plus de salle digne de ce nom,
seulement dans leurs quartiers, tellement les nobles n’avaient que faire de
l’art de la guerre, soupira Lancelle. »


« Il est bien dommage que les nobles de ce
royaume aient oubliés que toute l’origine de nos pouvoirs passent par la guerre
et l’art du combat, répondis-je en regardant la salle. »


Faisant quelques moulinets de Fleur de Mort, dont
la lame et la garde avait été modifié pour éviter que le Iop ne la reconnaisse
malencontreusement. Je profitais des mouvements d’échauffements pour
m’imprégner de la salle. Elle avait été conçue pour l’entrainement au combat,
le sol et les murs étant solidement matelassés et la lumière provenait de
fenêtres en hauteur ne gênée jamais la vue. Une série de mannequins
d’entrainements avaient été disposé le long des murs, laissant un grand vide au
centre de la salle.


Je me tournais vers mon adversaire du jour, qui
plaça son épée devant lui.


« Iop, Seigneur des guerriers, ce combat est
pour toi . »


Mon adversaire chargea rapidement. Je fis un pas
de coté et évita d’un cheveu sa lame, le reflet brillant de sa lame me faisant
cligner les yeux. D’une contre attaque rapide, je mis mon adversaire sur la
défensive, qui comme je le prévoyais repartie à la charge sur mon autre flanc.
Après notre première rencontre, j’avais usé et abusé des potions d’Ombre
Alchimique pour revivre le combat et trouver les failles de mon adversaire. Sa
rapidité et sa puissance m’avait surprise. Après avoir longtemps réfléchie à
son style de combat, j’avais trouvé le point faible de toute cette énergie. En
effet mon adversaire était plus lourd que moi, donc son élan était plus
difficile à contrer que le mien. D’un bond leste, je me mis hors de portée en
lui faisant un grand sourire.


« Allons chevalier, vous allez bien arriver à
m’attraper minaudais-je. »


Un sourire carnassier naquit sur le visage de
Lancelle Oh qui chargea de nouveau. Par gout du risque je me déportais au
dernier instant, ma main effleurant sa hanche. Voulant profiter de mon avantage
je fendis l’air. Malheureusement pour moi, le Iop se retourna à une vitesse
hallucinante et me contra.


« On dirait que ça vous amuses de faire des
va et vient entre nous ma chère Comtesse. »


« Peut être que c’est comme ça que vous
pouvez penser toucher au but chevalier, répondis-je. »


D’un coup de rein je me dégageais et tournais
lentement autour de mon adversaire, attendant les prémices de la prochaine
passe d’arme. L’air entre nous se tendit, semblant vibrer. Bandant mes muscles
je lançais l’assaut vers mon adversaire. Il se mit en position de défense, me
laissant une ouverture évidente que je négligeais sciemment, le frôlant à
pleine vitesse.


« Et bien Comtesse, une coup dans l’eau,
s’interrogea Lancelle Oh ».


Je fis un petit sourire quand son tabard tomba au
sol, proprement coupé par ma feinte. Lancelle plongea son regard dans le mien
alors qu’il ramenait à lui avec une lenteur étudiée son arme. Je m’élançais
puis sauta pour donner un maximum de puissance dans mon impact. Mon adversaire
tourna sur lui-même, accompagnant mon mouvement. Puis brusquement il lâcha son épée,
me prenant à contre pied en m’enlaçant, me forçant à lâcher son arme et à
m’accrocher à quelques centimètres de son corps en sueur. D’un geste expert il
dénoua les passant qui tenait mes vêtements.


« Et maintenant que nous sommes à égalité, me
chuchota-t-il dans le creux du cou, que faisons nous ma chère
comtesse ? »





Lorsque que je rentrais dans ma suite, la fête
était fini depuis longtemps et les couloirs déserts. Refermant doucement la
porte de ma chambre, je vis Ombre Sensuel se redresser avec un air déçu sur le
visage.


« Moi qui croyais que tu avais fais d’une
pierre deux coups, enfin un peu plus quand même j’espère, et qui pensait avoir
le lit pour moi seule ce soir me voilà fort déçu, à croire que tu n’es pas
aussi amatrice des bonnes choses que ton … pfuiark… »


Je souris en prenant un second oreiller pour faire
taire ma collègue ainsi que le trouble qui m’agitait.





Que l’Ombre s’etende.
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Amato
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MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Mar 13 Juil - 0:11

Complication romantique
Cycle : Allégeance

Quelques jours avaient passés, ponctués par les repas et rencontre
avec divers nobles, ainsi que de nouvelles prières à Iop avec
Lancelle-Oh, pas forcément aussi physique que la première, même s’il
arrivait souvent que nos combats ou débats finissaient par de
langoureuses étreintes. Tout cela avait l’air irréel, et seule la
présence de Sensuel dans ma chambre me rappelait que j’étais ici pour
une mission qui mettrais terme à tout ça, avec une part de regret qui
augmentait après chaque rencontre avec le fringuant chevalier. J’avais
essayé d’y mettre un terme, mais l‘attirance était plus forte, me
dévorant de plus en plus à chacune de nos rencontres. Je n’avais
personne a qui confier ce trouble, et l’idée d’en parler à Sensuel me
semblait peu judicieuse, la veuve noire aurait probablement peu de
sensibilité à ce genre d’affaire de cœur, de plus si elle doutait que je
pouvais compromettre la mission ses actions pour « corriger » la
situation risquaient sûrement d’être désagréable pour moi. Je soupirais
alors que j’enfilais une énième robe de soirée aussi encombrante que
magnifique et mettais en ordre mes cheveux, plusieurs épingles dans la
bouche.
« Et bien je vois que tu deviendrais presque habile à te transformer
en jolie femme, murmura au creux de mon oreille Ombre Sensuel. »
Je sursautais et me retournais lentement, me recomposant une mine.
« Tu te laisses surprendre, nota la veuve noire de la Confrérie de
l’Ombre. On serait dans la rue en proie aux racailles habituelles tu
serais morte ma chère. »
« On n’est pas dans la rue, répondis-je du tact au tact. »
« Et pourtant il y’a bien des vermines dans ce jolie château, ricana
Sensuel, et je ne parle pas de nous. »
Je pensais la tête sur le coté d’un air songeur.
« Que veux-tu dire Sensuel ? Cette affirmation semble lourde de
signification vu comment tu en parles. »
Sensuel me darda un regard glacial, presque aussi terrifiant que ceux
d’Ombre Nocturne. Ayant observé les accrochages entre mon Maitre et la
maîtresses des Ombres, je relevais le menton dans un signe de défi. Une
lueur étrange passa dans la prunelle de ma compagne de mission,
tellement fugace que je ne pus l’identifier. Je notais toutefois
l’incident dans ma mémoire et la prochaine fois que j’aurai accès à mon
vieux roublard de maitre je lui poserais quelques questions à ce sujet.
La veuve noire ne soutint pas mon regard, elle m’agrippa l’épaule et me
retourna, prenant dans la bouche une poignée d’épingles. Elle mit en
place les épingles d’une main experte pour monter une coiffure raffinée
et élégante.
« J’espère que tu es prêtes Flamboyante et que tout ses banquets et
libations ne t’ont ramollis car c’est ce soir qu’on passe à l’action. »
« Pourquoi ce soir, étonnée d’une telle précipitation de la part de ma
consœur. »
« J’ai réuni tout ce qu’il me faut pour provoquer un retrait rapide et
sans soupçon à cette vielle baderne d’Allister. Et après nous passons à
l’action, histoire de rappeler à ce roitelet qu’il ne doit pas oublier
qui le protège réellement.»
« En parlant de protection tu as prévue quelques choses de
particuliers contre les gardes, demandais-je. »
« Pour ce qui est de la garde rapproché, le poison de cette vieille
baderne d’Ombre Terre devrait simuler les symptômes d’une maladie très
contagieuse, ce qui conduira les médecins du roi à alléger sa garde,
répondit la veuve noire. »
« Depuis quand mon maitre est l’empoisonneur de la Confrérie, Ombre
Alchimiste n’est pas plus expert dans ce domaine, m’étonnais-je. »
« Disons qu’Alchimiste et Terre ont des approches différentes, et que
je trouve les résultats de ton mentor bien plus ludique que ceux très
efficace mais trop académique de ce laborantin fou d’Alchimiste, pouffa
Ombre Sensuel. »
« Et pour le reste des gardes ? »
« Il faut bien que tu serves à autres choses qu’aller baguenauder avec
le capitaine de la garde ma chère amie, lança la confrère en se levant
d’un air nonchalant. Aller cesse cette tête troublée, demain on sera de
retour dans notre monde loin de tous ces roitelets et nobliaux de
pacotille. »
Je me renfrognais en entendant la repartie de la veuve noire et sortie
sans lui lancer un regard en direction de Sensuel qui était en train de
s’habiller comme une domestique. La porte claqua et je me dirigeais
vers la salle de réception pour le dernier acte de ma vie de comtesse.

Ombre Sensuel regarda la flamboyante intendante de la Confrérie
sortirent de la chambre et soupira.
« Je l’avais dis, elle n’est pas encore prête. Pourquoi la maitresse
des Ombres ne nous a pas écoutées. »
Jetant un regard dans le miroir, elle prit un rab de potions
explosives et de dagues. Elle avait un mauvais pressentiment et jamais
son instinct ne l’avait jamais trompé.

L’énième repas en l’honneur de l’amitié entre Amakna et Bonta se
passait en toute quiétude, dans une ronde de plats raffinés et de
boissons capiteuses. De ma position dans la tablée j’avais une bonne vue
sur la table d’honneur où siégeait le roi Allister et sur l’aréopage de
domestiques, dont je cherchais des traces d’Ombre Sensuel. Je discutais
avec mes voisins de table, sur divers problèmes politiques et sur le
moyen de gérer au mieux la plèbe de nos cités ainsi que les très
indisciplinés aventuriers de tout poil qui grouillait à Astrub, prêt à
n’importe quelle extrémité pour un peu de gloire. Au fil du repas je
remarquais que la plupart des plats qui étaient servi au roi était
desservie sans avoir été réellement entamé et qu’il semblait bien peu
attentif aux conversations autour de lui. Alors qu’une troupe de
jongleurs proposa un interlude entre deux plats, le roi se retira,
visiblement souffrant. Du fait de l’énergie dont les jongleurs faisaient
preuve aucun ne remarqua le départ du roi, si bien que les serviteurs
eurent le temps d’enlever les couverts du monarque comme si de rien
n’était. Alors que le plat suivant était apporté, une servante se pencha
vers moi pour me resservir du vin.
« Je vais porter un bouillon à ce pauvre roi malade, susurra Ombre
Sensuel. Rendez-vous devant sa chambre d’ici une quinzaine de minutes. »
Je calculais mentalement que je n’avais que quelques instants pour
trouver une excuse plausible pour me retirer sans éveiller les soupçons
de mes voisins de table. Un des domestiques de ma suite apparut à point
et m’annonça qu’un messager était arrivé pour moi. Soupirant
théâtralement je m’excusais auprès de mes voisins de table et sortie de
la salle de bal, mon domestique disparut instantanément alors que je me
débarrassais de mes encombrantes robes pour enfiler une tenue plus
adapté à notre mission. Si tout se passait bien, d’ici une demi heure
nous serons hors de monde qui n’étais pas le mien, pensais-je avec une
pointe de regret qui me troubla plus que je ne voulais l’admettre.
Remontant les couloirs de service désert, la plupart des domestiques et
autres petites mains étant occupés au banquet j’arrivais rapidement dans
le couloir menant à la chambre du roi. Me faufilant d’ombre en ombre,
je me débarrassais en silence des gardes en faction, puis m’installa sur
le banc à coté de la porte menant à la chambre du roi, comme n’importe
quel noble attendant l’audience d’Allister. Lancelle-Oh suivi d’un
groupe de cinq gardes apparut alors, remontant le couloir en grommelant.
« Peut m’importe ce que dise les médecins du roi, nous ne pouvons
réduire autant la garde autour de lui. »
« Mais capitaine ils disent que c’est très contagieux. »
« Il vaut mieux quelques gardes malades en quarantaine plutôt qu’un
roi tué par un assassin qui n’a pas peur d’une vulgaire fièvre des
marais, répliqua le Iop d’un ton rageur. »
Instinctivement je portais ma main à Fleur de Mort et bandais mes
muscles en vue du grabuge qui allait inévitablement se produire.
« Comtesse Dol Amroth, que faites-vous ici, s’étonna Lancelle d’un ton
très protocolaire. »
« Un des mes domestiques m’a averti qu’un messager m’avait quéris,
répondis-je du ton le plus naturel possible. C’est en me rendant dans
mes appartements que j’ai entendu des domestiques dire que le roi était
malade, je me rends donc à son chevet pour avoir des nouvelles. »
Le capitaine de la garde royale d’Allister fronça les sourcils d’un
air soupçonneux, son regard balayant les environs.
« C’est étrange Comtesse, aucun message n’est arrivé au château ce
soir, déclara-t-il … »
« Peut être êtes vous mal informé chevalier, dis-je d’un ton hautain
ne souffrant d’aucune contradiction. »
« Et pourquoi n’y a-t-il aucun garde pour vous protéger, marmonna le
Iop d’un ton tendu. »
Je m’apprêtais à répondre de nouveau quand il fit mine d’avancer vers
la porte. Je bondis pour l’intercepter, mais il m’envoya littéralement
voler à travers la porte en bois, me faisant atterrir dans la chambre du
roi. Dans ma chute je vis Sensuel au-dessus du lit du roi, un poignard à
la main, prêtes à exécuter le bedonnant roi.
« A la garde, on attaque le roi, hurla Lancelle-Oh »
« Flamboyante, occupe toi de ses insectes gronda Sensuel en envoyant
sa dague en plein dans le crane d’un malheureux garde qui s’effondra
dans un gargouillis. »
Je me relevais en hâte, l’épée au clair, bloquant le passage au
champion du roi et ses troupes. Je vis Sensuel penché à l’oreille du roi
qui semblait paralysé.
« Traitresse, hurla Lancelle Oh en me crachant au visage. »
Je bondis, frappant de taille et d’estoc, me débarrassant des gardes
qui entourés le Iop, les mettant hors combat tout en bouchant le
passage. Mon dernier adversaire tenta de me déborder, mais il reçu en
pleine tête une fiole lancée par Ombre Sensuel et il s’écrasa au sol
complètement paralysé.
« Achève le, il nous faut pas de témoin en vie hors cette grosse outre
pleine d’orgueil, maugréa Ombre Sensuel. »
J’armais mon bras, quand Lancelle-Oh me fixa. Je n’avais jamais vu un
regard autant chargé de haine et de tristesse à la fois, et je reculais
complètement perdue.
« Par les cornes de Djaul maugréa Sensuel alors qu’on entendait une
nouvelle troupe arriver dans le couloir. »
Ombre Sensuel me jeta un regard meurtrier et envoya une potion qui
dégagea une épaisse fumée qui sembla bloquer les nouveaux arrivants au
vu des jurons et des toux que nous entendîmes. D’un geste sans douceur
Ombre Sensuel m’agrippa et appuya sur une brique sur le mur, révélant un
passage secret.
« Heureusement qu’ils ont tous ce genre d’issue de secours, maugréa
la veuve noire en me poussant. Aller il va falloir encore que nous
fuyons pour que tu puisses raconter ton échec à la Maitresse des Ombres.
»

Que l’Ombre s’étende
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MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Sam 17 Juil - 17:15

Fuite et
traque


Cycle :
Allégeance





« Maudit Iop, cracha Ombre Sensuel. J’aurais
mieux fais de lui trancher la gorge quand j’en avais l’occasion. »


Elle me regarda, comme si elle espérait me faire
réagir. J’haussais les épaules, la seule chose qui me venait à l’esprit était
le regard de Lancelle-Oh. Ombre Sensuel
soupira une fois de plus et maugréa entre ses dents serrées. Elle grimpa
lestement à l’arbre qui dominait le bosquet de buissons touffus dans lequel
nous nous étions réfugiés. Elle se balança agilement de branche en branche pour
couvrir toute la région alentour. Au loin j’entendais des éclats de voies
portée par le vent, probablement des gardes lancés à notre poursuite. Ils ne
leur avaient fallu que peu de temps pour se réorganiser après notre sortie tout
feu tout flamme, Flamboyante ayant allumé plusieurs feux dans l’enceinte du
château pour couvrir notre fuite. Malheureusement d’après la veuve noire
Lancelle-Oh avait pris les choses en main et nous traquaient maintenant avec
une opiniâtreté typique des iops. La veuve noire redescendit silencieuse comme
la mort et se posa à coté de moi, le visage tendue.


« Ils se rapprochent et menacent de nous
encercler, maugréa-t-elle. Si nous ne mettons pas les voiles vite et bien en
effaçant nos traces ils vont finir par nous capturer. »


J’haussais les épaules, complètement
indifférente. La veuve noire me gifla a la volée.


« Mais tu vas réagir petite sotte,
hurla-t-elle. S’ils nous capturent nous sommes mortes, la confrérie ne leur
laissera jamais la possibilité de nous interroger. »


Je le regardais, complètement indifférente à ses
mots, à sa colère. Tout cela me semblait vain et insipide.


« T’amouracher de ce Iop de malheur, quelle
stupidité, maugréa la veuve noire. Jamais on ne doit s’attacher, ce ne sont que
des objectifs rien de plus. »


J’éclatais
en sanglot de manière complètement incontrôlable, me cachant la tête dans mon
tabard souillé de terre. L’espace d’un instant le visage d’Ombre Sensuel se
radoucit, comme si elle pouvait faire preuve de compréhension. Puis des voies
se firent entendre porter par le vent. Le ton sourd et grave de Lancelle-Oh se
fit entendre, me plongeant de nouveau dans les affres de la tristesse. Ombre
Sensuel me regarda une nouvelle fois, espérant que ses dangers me fassent
réagir. Peine perdue j’étais aussi
indifférente qu’un bloc de pierre de la plaine de Cania.


« Mieux vaut un lâche vivant qu’un héros mort,
en espérant que tu ne goutes pas à un autre fondement de la confrérie petite
Ombre Flamboyante. »


Elle bondit dans les fourrées, alors que des
éclats de voie indiquées que nous venions d’être repéré. Complètement
anesthésié par la douleur qui irradiait de mon cœur je ne pus réagir, même
quand les soldats d’Allister me saisir par les bras et me présentèrent à
Lancelle-Oh.


« Capitaine, nous en avons capturé un des
deux terroristes. »


Le Iop me reluqua des pieds à la tête, avec un
regard remplie de mépris et de haine.


« Jeter là dans les geôles et attrapez moi sa
complice, elles doivent payer le prix de leurs actes contre la couronne
d’Amakna. »





L’atmosphère dans la salle du conseil de la
Confrérie des Ombres était encore plus tendue qu’un string du mulou sur les
fesses d’une sacrieuse. Ombre Nocturne parcourait le message qu’elle venait de
recevoir d’un de ses nombreux espions.


« Comment a-t-elle pu faire échouer un plan
aussi minutieux d’une manière aussi catastrophique, grogna la Maitresse des
Ombres. »


Elle fixa chacune des Ombres présentes, le poids
de son regard encore plus terrifiant que son masque blafard. Tous baissèrent
les yeux, tous sauf Ombre Alchimiste.


« Il me semble qu’il n’y avait pas qu’Ombre
Flamboyante sur cette mission aussi critique, remarqua l’alchimiste de la
confrérie. »


« Les rapports ne mentionnent qu’Ombre
Flamboyante, enfin la comtesse qu’elle était sensé être, répliqua froidement
Ombre Nocturne. »


« En même temps il n’était pas dans le rôle
d’Ombre Sensuel d’être visible, insista Ombre Alchimiste. »


« Cette impertinence n’est pas dans ton
genre, remarqua Ombre Nocturne d’un ton sourd et menaçant. »


« Et cette menace puérile et brutale n’est
pas digne de toi Ombre Nocturne, clama une voie. »


Ombre Terre entra dans la salle, le bandeau de la
Confrérie, les tatouages sur son visage mangeant à présent la quasi-totalité de
sa figure.


« Ombre Terre, je pensais que tu étais en
train d’explorer les recoins de notre nouvelle base d’opération, dit Ombre
Nocturne comme si son arrivée n’était pas impromptue et imprévisible. »


« Je ne pensais pas que j’avais besoin de ton
autorisation pour aller et venir dans les différentes bases de la confrérie ma
chère amie. »


« Hé bien puisses que tu es là, je suppose
que tu vas vouloir résoudre cette situation avec nous, dit d’un ton
froid. »


« Il n’y a pas grand-chose à dire, tu as
envoyé une Ombre qui n’était absolument pas prêtes pour cette mission, répondit
Ombre Terre. Je m’étonne d’ailleurs d’une telle mauvaise analyse de ta part, je
pensais que tu laisserais moins tes émotions
irrationnelles t’influencer. »


Malgré son casque un rictus mauvais se dessinait
sur le visage d’Ombre Nocturne, aucune Ombre n’osait s’adresser à elle de
manière aussi directe. Ombre Terre s’assis à la table du conseil, posant ses
pieds sur la table continua sa tirade, comme s’il était inconscient du danger.


« Et ceux malgré les avis de la plupart des
membres haut gradés de la Confrérie. Je ne pensais pas que tu allais mal
utilisée les outils que je te mets à disposition. Enfin bref, tout le monde a
le droit à une erreur de jugement. »


« Et à part tes analyses discutables, tu nous
apportes quoi, rétorqua la Maitresse des Ombres. »


« Une solution à ce joyeux bazar tout en
testant mes nouvelles capacités, répondis d’un ton badin l’ex-intendant de la
Confrérie : je rentre, je sors Flamboyante de sa prison et j’efface toute
trace éventuel, simple et efficace. »


« Surtout simplet, remarqua Ombre Nocturne.
Notre dernier assaut sur une prison nous à demandé énormément de moyen et un
plan complexe, je doute que tu puisses arriver à refaire la même chose seule,
aussi puissant que tu penses être dans ton esprit malade. »


« Je n’ai toujours pas trouvé les limites de
mes nouveaux pouvoirs, seuls une situation extrême me permettra de savoir ce
qui en est, affirma Ombre Terre. Et
qu’il y’a-t-il de plus extrême qu’un assaut héroïque et complètement
stupide ? Et rassure toi ma chère amie, ils ne me prendront pas dans un
état où je serais exploitable le cas échéant. »


Ombre Nocturne sembla réfléchir.


« Apres tout c’est ta mort mon cher ami, mais
bon oublie pas de l’impact que ça aurait sur les tavernes du monde des 12,
acquiesça la maitresse des Ombres avec un sourire en coin. »


« Puisqu’on parle de taverne, il faudra
qu’Alchimiste nous envoie de quoi distiller sur l’ile, parce que ça commence à
manquer cruellement l’alcool pendant les heures de détentes, soupira Ombre
Terre. »


Sortant de sous sa cape son vieux tourmenteur il
sortit vêtu d’une lourde armure telle un démon de l’ancien temps prêt à tout
détruire sur son passage.





Lancelle-Oh me regardait fixement. Cela faisait
une heure que les gardes m’avaient fouillée et jetée dans cette cellule froide
du château d’Amakna. Depuis mon ancien amant me regardait fixement, son esprit
semblant aussi désert que le mien il y’a quelque temps. Une détonation se fit
entendre au loin.


« On dirait que tes compagnons viennent te
chercher traitresse, murmura-t-il alors. »


« Ou bien me tué, nous ne sommes pas des
tendres, même entre nous raillais-je. »


« Il aurait mieux valu que tu choisisses le
camp des gentils, au moins nous traitons nos prisonniers et les notre
équitablement et justement, répondit-il en se redressant. »


Un cri d’alerte se fit entendre avant de
s’éteindre dans un gargouillis de mauvais augure. Un silence pesant s’installa
alors.


« Maudits soyez-vous à abattre de braves gens
qui ne cherchent qu’a vivre en paix, cracha Lancelle-Oh. Vous n’êtes bon
qu’à amener le chaos et la destruction de l’équilibre du monde.»


Au fond de moi-même la remarque naïve du Iop remua
quelques choses. La brume de désespoir sembla s’étioler quelque peu.


« Ce que tu peux être naïf, lâchais-je. Sans
nous pour réguler les forces chaotiques de ce monde, il y’aurait bien longtemps
que l’équilibre serait rompu. Tous les malandrins, tire-laines, bonimenteurs,
assassins et empoisonneurs sans l’ombre de nos mains aurait bien vite fait de
mettre en charpie votre soi-disant équilibre juste et bon. »


Il sembla désarçonner par mon cynisme, son visage
semblant troublé. Des soldats arrivèrent en courant, barricadant tant bien que
mal la porte en haut de l’escalier qui menait aux cellules. Lancelle-Oh se
retourna, masquant son trouble et redevenant le champion d’Allister.


« Capitaine, c’est une catastrophe, hurla un
soldat à deux doigts de l’hystérie. »


« Cette créature est un démon, rien ne peut
l’arrêter, que les douze nous gardent, ajouta un autre. »


Regardant le plus vieux des soldats, Lancelle Oh
demanda.


« Et toi Junjou qui a lutté a coté d’Allister
lui-même, que penses-tu de tout cela. Nos chers camarades ont-ils raison ou
bien paniquent-ils pour peu de chose. »


« Je n’irais pas jusqu'à leur panique mon
capitaine, répondit le vieux soldat. Mais la situation est pas reluisante,
cette chose est apparut au milieu de la cour, comme si notre château n’était
qu’un enclos à bouftou. »


« C’est un démon, ajouta un soldats terrorisé
à l’armure couverte de sang. Que Jiva nous viennent en aide. »


« Ce n’est pas un démon grinça l’ancien. Son
arme et armure son celle d’un tourmenteur goutte, mais je n’ai jamais vu une
arme aussi puissante dans les mains de quiconque mon Capitaine. »


« Vos conclusions sur la situation, demanda
Lancelle-Oh comme s’ils parlaient du résultat d’un exercice. »


« Nous sommes mal barré capitaine, dit Junjou
d’un air fatigué. La moitié de notre effectif est à la poursuite de la complice
de cette assassin et le plus gros de l’autre moitié c’est retranché pour
protéger le roi et les bontariens. »


« Alors… »


La porte explosa littéralement, un soldat volant
dans l’escalier avant de s’écraser sur les barreaux d’une cellule, ses os se
brisant dans un fracas effroyable. Alors que le cadavre glissait lentement en
couinant pour toucher le sol Lancelle-Oh me regarda d’un air dégouté.


« Quel est l’horreur que tes camarades nous
envoient, parle !!!! »


J’observais le cadavre qui finissait de s’affaler
au sol et écoutait les bruits de combat qui commençait à s’éteindre au dehors.


« Mon Maitre tout simplement. »


De lourds pas se firent entendre. Ce qui restait
de la porte de la prison grinça en s’envolant de ses gonds, alors que les
soldats se mettaient en position de par et d’autre de l’escalier. La demi-douzaine
de soldatesques terrifiés et leur champion se préparèrent à un combat désespéré
dans une tension palpable. Quelque chose dévala l’escalier, les soldats se
jetèrent dans le couloir, avant d’être fauché par les tirs de tourmenteurs. Le
couvercle de tonneau qui les avait fais sortir de leur cachette finit sa course
contre ma cellule après être passé par-dessus les cadavres de soldats. Mon
Maitre apparut alors faisant face à Lancelle-Oh.


« Alors c’est ça le fameux Lancelle-Oh,
dit-il en dévisageant le Iop. Je pensais que pour ton premier amour tu
choisirais mieux Flamboyante. »


Le Iop se jeta à l’attaque en hurlant.
L’interceptant de son avant-bras, Ombre Terre le plaqua contre le mur comme
s’il n’était qu’un vulgaire gamin.


« On t’a jamais appris à te tenir gamin,
demanda d’un ton acide mon Maitre. »


Le Iop répondit d’un magistral coup de tête, qui
défit la visière de l’armure d’Ombre Terre. Se contentant de le plaquer plus
fortement au mur, ce qui empourpra le teint du Iop, mon Maitre rangea son arme,
ce qui provoqua la disparition de son
armure. De son poing libre il attrapa la tête de Lancelle-Oh et la cogna contre
le mur, l’assommant pour le compte en plus de faire un profond cratère dans le
mur de la prison. Puis d’un air nonchalant il sortit sa vieille pelle et se
dirigea vers moi.


« Flamboyante ma petite, il faut qu’on
parle. »





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MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Sam 31 Juil - 22:58

Convalescence


Cycle Allégeance





Le groupe de rat s’égaya en piaillant en me voyant
apparaitre à leur suite au bout du tunnel crasseux et humide. Un sourire
carnassier joua sur mon visage alors que je plongeais dans le groupe de
vermine, taillant des membres et des troncs comme un paysan de la famille
Ingalsse fauchant des blés dans ses terres. Un chaman commença une invocation
dans des accents sifflants. Bandant mes muscles je me projetais sur lui,
l’envoyant bouler au sol. D’un coup de coude je lui bloquais la trachée artère
avant de lui décoller la tête des épaules. Sentant le danger dans mon dos, je
fis un roulé boulé et balaya mon ancienne position d’un coup de Fleur de Mort.
Des piaillements s’élevèrent et un bruit humide se fit entendre. Je me
redressais et tendait l’oreille pour savoir où été partie dans le dédale de
tunnel la troupe de rat que je traquais depuis quelques heures à la demande de
mon Maitre. Enfin demande n’était pas forcément le bon mot, vu que le vieux
grigou m’avait jeté sans ménagement dans les tunnels en disant qu’un peu
d’action me remettrait les idées en place. Au milieu des cadavres de rats,
Fleur de Mort dégoutant lentement du sang des mes victimes je dus reconnaitre
qu’il n’avait pas forcément tort, cela faisais trop longtemps que je ne m’étais
pas sentie aussi vivante, mes choix et mes pensées clairs et limpides. Un
glapissement dans le lointain me donna une direction à suivre, et je plongeais
dans le tunnel sombre et puant sans crainte, mon Maitre ayant pris le temps de
m’équiper d’un anneau me permettant de voir dans les sombres tunnels qui
couraient sous tout Amakna depuis la grande migration des Wabbits et que les
rats et la Confrérie partageaient tant bien que mal et parfois avec des
conflits sanglants comme ce jour. J’avais un jour demandé pourquoi nous tolérions
les rats, alors que nous aurions très bien pu les éliminer à coup de pièges et
de poisons, ou en testant les capacités guerrières de nos recrues.


« Ils nous sont utiles, avait répondu Ombre
Terre. Ils gardent férocement plusieurs points d’entrées et empêchent
l’exploration d’une large partie des souterrains, ce qui réduit drastiquement
le risque que des aventuriers nous tombent dessus par surprise. Accessoirement
ça permet aussi de se débarrasser d’apprenties ou de relations de manières
discrètes et efficaces. Enfin ils sont une bonne source de mercenaires chair à
épée sacrifiables au besoin. »


« Par contre ils ont la mauvaise habitude de
pulluler et de tenter de s’emparer de nos bases pour agrandir leurs
territoires, répliquais-je. »


« Boarf, il suffit d’éliminer le nid pour
régler le problème, répondis vivement mon Maitre et puis ça fais un peu
d’animation. »


Je souris en repensant à la notion d’animation de
mon Maitre qui quand elle n’impliquait pas des personnes de sexes opposés et de
l’alcool impliquait des morts à la pelle dans un déluge de destruction. Perdue
dans mes pensées, je sentis qu’au dernier moment que je m’approchais
dangereusement du nid des rats. Un trio de rat par contre m’avais vu, et ils se
jetèrent en glapissant sur moi. Je bondis en arrière tout en faisant fouetter
mon épée pour les ralentir. Je me reprochais de m’être fait surprendre et ma
rage découpla. Pensant avoir affaire à un simple aventurier les rats se
séparèrent. Erreur fatale, pour eux, je bondis dans les brèches de leurs
défenses et je les taillais en pièce. Un nouveau groupe de rats surgit alors
que le dernier de mes assaillants expirait. Vu le bruit qu’il faisait, je
risquais de me faire submerger sous le nombre. Je souris en décrochant de ma
ceinture une des fioles spéciales d’Ombre Alchimiste. Pensant avoir affaire à
une fiole classique de l’alchimiste fou de la Confrérie je la lançais sur la
meute grouillante qui s’approchait de moi. La fiole s’écrasa sur la tête
crasseuse d’un rat chaman et une langue de feu impressionnante jaillit,
bondissant d’une créature à l’autre avant d’enflammer l’air tout autour d’eux
comme si un dragon venait de souffler dans le tunnel. Instinctivement j’abattis
Fleur de Mort sur l’étais en bois qui menait à l’intérieur de l’antre des rats.
Le tunnel s’ébranla et du coin de l’œil je vis un lourd morceau de l’étais
s’approcher de mon crâne à grande vitesse avant que les ténèbres se referment
sur moi.





Je me réveillais dans une chambre douillette,
allongée dans un lit confortable, un feu de cheminée réchauffant la pièce. Les
yeux mi-clos j’inspectais la pièce. Manifestement j’étais dans une belle maison
du fait de la proportion de la pièce, des ses larges poutres au plafond et aux
pierres de tailles qui constituaient l’angle des murs. Sur une table attenante
attendait un repas. Vérifiant que j’étais seule dans la pièce j’humais les
plats et versa un peu de poudre de détection de poison qui ne réagit sur aucun
des plats disposés dans une vaisselle toute en finesse. Après une vérification
de la chaise et du dessous de table je m’assis pour prendre des forces, ne
sachant ce qui m’attendait.


« Hé bien je vois que les Ombres sont
toujours aussi soupçonneuses dit une voie dans mon dos. »


Je sursautais et fis volte-face, me retrouvant
devant un individu qui était assis dans un fauteuil, le dossier me masquant son
propriétaire. Le propriétaire de la voie se redressa puis me fit face. C’était
un vieux féca avec l’air distingué et aux tempes blanches vêtu d’une riche
tunique de velours pourpre et d’une cape en soie d’un vert profond. Son visage
était marqué de plusieurs cicatrices, preuve qu’il avait affronté des
adversaires qui avaient traversés ses défenses. Un sourire amusé passa sur son
visage quand il vit ma main se porter vers le fourreau vide de mon épée.


« Qui êtes-vous, grognais-je d’un ton
menaçant. »


Prenant appuie sur une canne couleur ébène avec
une tête de dragon, il s’approcha de moi d’un air désinvolte. Ignorant
complètement mon air menaçant, le féca trottina jusqu'à la table et tira la
seconde chaise et s’assit avec des grimaces de souffrances.


« Aller viens donc t’asseoir, il est pénible
pour un vieillard comme moi de rester trop longtemps debout après des efforts,
dit-il. Et cesse cet air soupçonneux et tendu veux-tu, si j’avais eu envie de
te tuer petite Ombre tu te serais jamais réveillé après tes déboires avec les
explosifs d’Ombre Alchimiste. Ce petit n’a jamais eu le sens des mesures
soit-dit en passant. »


« Vous semblez connaitre les différents
membres de la Confrérie de l’Ombre, remarquais-je. »


« Et si je te disais que je suis un ancien
membre de la Confrérie de l’Ombre, a une époque où la plupart des Maitres
actuelles n’étaient que des apprenties turbulents et où une apprentie aussi
peut efficace que toi aurait servie de chair à pâté à ses fichus rats des
tunnels. »


« Les dit apprenties turbulents ayant réussis
à t’écarter du Conseil sans coup férir je te rappelle Ombre Subtile, dit alors
Ombre Alchimiste qui entra dans la pièce comme si de rien n’était. Ombre
Flamboyante, heureux de voir que ma cuvée spéciale de fioles explosives ne
t’ait pas trop roussi ta superbe chevelure. »


Je les regardais tout les deux d’un air troublé.
Que d’anciens conseillers eut existé dans l’histoire de la Confrérie était
évident, mais comme beaucoup les conseillers de la Confrérie s’arrêtaient à
Ombre Terre, trublion de notre maitresse Ombre Nocturne.


« On dirait que cette petite est surprise
d’apprendre l’existence d’autres conseillers de l’Ombre, nota Ombre Subtile. Il
semblerait donc que nos deux tyrans en herbe ne sont pas très partageurs quand
il s’agit du pouvoir. »


« Ombre Nocturne et Ombre Terre avaient
compris les raisons de la faiblesse de la Confrérie à l’époque où tu en étais
un des conseillers, railla l’alchimiste de la Confrérie. Vous autres conseillers
passaient plus de temps à vous complotez les uns contre les autres que contre
le reste du monde qui ne craignait plus l’Ombre. »


« Je m’étonne qu’ils existent encore des
conseillers encore en vie d’avant l’avènement d’Ombre Nocturne, la Maitresse
des Ombres n’est pas du genre à laisser derrière elle de potentiels ennemis,
remarquais-je. »


« Cette arriviste d’Ombre Nocturne devait
bien faire quelques concessions à celui qui lui a servie de marche pied pour
accéder au pouvoir, grimaça le vieux féca. Et pourquoi cette petite
vermine d’Ombre Terre m’a laissé en vie, je me demande encore les raisons,
celui-là est encore plus imprévisible que cette fourbe de sramette.»


Je regardais avec un air interrogateur Ombre
Alchimiste. Cela n’échappa pas à notre hôte.


« On dirait que pour cette petite Ombre
trouve étonnant cette information, murmura Ombre Subtile. Ils font
toujours autant de remue ménage ? »


Ombre Alchimiste sourit à son tour.


« Leur relation est toujours aussi houleuse
en effet, Ombre Nocturne et Ombre Terre ont parfois des divergences de vu et
chacun tente de prendre l’autre à son propre jeu, ce qui est assez intéressant
à suivre vu qu’ils sont tout les deux aussi retors et entêté l’un et l’autre,
confirma Ombre Alchimiste. Mais paradoxalement leur duo est toujours aussi
inoxydable, malgré les épreuves et les différences. »


« Et personnes n’a envie de reproduire leur
accession au pouvoir en montant une petite révolution de palais, demanda Ombre
Subtile son regard allant d’Ombre Alchimiste à moi. »


Ombre Alchimiste pouffa alors.


« Ca m’étonnerait, ou alors je serais bien
idiot de te présenter l’apprentie d’Ombre Terre pour parler de ça. »


Le féca me regarda longuement.


« Comme toujours mon ancien apprenti arrive à
jeter le trouble autour de lui, soupira Ombre Subtile. Veut-il réitérer son
ascension au zénith de la Confrérie avec une nouvelle muse ou bien juste mettre
la pression sur Ombre Nocturne. A moins qu’il ait réellement confiance en cette
jeune femme. Avec lui, il faut s’attendre à tout. Vous m’avez apporté
beaucoup d’éléments à penser, cela va bien m’occuper quelques temps. Vous
pouvez vous retirer mes petits, et que l’Ombre vous garde. Et en partant,
Alchimiste tu prendras de quoi faire une petite potion de vigueur pour cette
petite, avec son Maitre elle va en avoir bien besoin.»


Je jetais un regard oblique vers Ombre Alchimiste qui
hocha la tête en pris la direction de la porte sans jeter un regard vers notre hôte.
Malgré les questions qui me taraudaient je me tus jusqu'à notre retour dans l’antre
de la Confrérie. Ombre Terre nous attendait l’air mâtin.


« Alors Ombre Alchimiste vous avez retrouvé
notre petite Flamboyante perdue dans les tunnels, demanda-t-il. »


« Oui, elle a fais un beau boulot et est
tombé sur une vieillerie en passant pouffa le laborantin. »


« Ah oui, que penses-tu d’Ombre Subtile ma chère
apprentie, demanda mon Maitre sur le ton de la conversation. »


« Il m’a semblé étrange mais bien informé sur
nos activités, répondis-je. N’est-ce pas un peu dangereux d’ailleurs d’avoir
quelqu’un qui a autant de connaissance sur nous, il pourrait s’en servir. »


« Pourquoi penses-tu que je suis conseiller
et plus lui, m’interrogea-t-il. »


« Pour mettre sur le trône de la Confrérie
votre précédente apprentie ? »


« C’est une possibilité minauda-t-il. Ou
alors c’est parce que le défaut du conseiller qu’était Ombre Subtil n’était
plus efficace. Il était tellement perdu dans les multiples rets qu’il tendait
qu’il finissait par si perdre et voir complots et fourberie a toutes les sauces
au point que cela le paralysait quand il devait prendre une décision. S’il a
bien une chose qu’est bien incapable Ombre Subtile c’est d’agir efficacement et
avec discernement, c’est ce qui fait chuter beaucoup de comploteurs de la Confrérie
ou non. Voilà pourquoi il faut toujours garder un œil sur nos comploteurs, même
s’ils sont nos supérieurs. »





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MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Mar 28 Sep - 20:25

Face à face
Cycle Allégeance

D’un air aussi nonchalant que me permettait la tension qui m’habitait, je déambulais entre les étals du marché du château d’Amakna. Jetant des coups d’œil furtif au-dessous du pli de l’ample cape qui me dissimulait, je constatais que les réparations des dégâts provoqués par notre fuite avec Sensuelle puis ma libération par mon Maitre étaient en bonne voie de réparation. Perdue dans mes pensées, je bousculais un domestique qui renversa son panier de fruit. Pour éviter un scandale je l’aidais à ramasser les fruits étalés au sol quand je remarquais avec horreur qu’il me dévisageait comme s’il se cherchait à se rappeler d’une occasion où nous nous étions croisés.
« Excusez moi Ma Dame, mais nous sommes-nous déjà rencontrée, finit-il par me demander. »
« J’en doute jeune homme, répondis-je d’une voie aussi assurée que possible, je ne suis pas venue dans le château du roi depuis de nombreuses années. »
« En êtes-vous sures Ma Dame, car vous ressemblez beaucoup à une comtesse qui a fort fait parlé d’elle lors de sa visite au château, continua-t-il. »
Maudissant intérieurement Ombre Terre qui avait exigé ma présence au cas où dans l’enceinte du château d’Amakna pendant qu’il traitait des affaires, je me redressais de toute ma hauteur et pris une voie outrée que seule une dame de la cours sûr de son bon droit en toute situation était capable de prendre.
« Je trouve fort impudent qu’un laquais se permettent de m’accuser d’être cette comtesse félonne et je vais demander de ce pas à votre Maitre qu’il vous inculque la politesse élémentaire et la déférence que vous devez à toute noble dame que vous rencontrez. »
Je regardais le domestique de haut, pendant qu’il cherchait du soutien dans la petite foule qui nous entourait. Voyant qu’il était seul, il bredouilla quelques excuses inintelligibles et disparut sans demander son reste. Jetant un regard à la ronde, je vis la petite foule du marché reprendre ses activités, l’accrochage espéré s’étant éteint. D’un air aussi assuré que possible je quittais l’allée du marché, avant de m’engouffrer dans une ruelle pour changer d’apparence. Des tremblements me saisirent, la chute d’adrénaline étant en proportion avec la peur que j’eu ressentie. Je décidais qu’un remontant me ferrais du bien, et je m’installais dans l’angle obscur d’un des tavernes fréquentées par les gardes du palais et de toute les petites gens de la cours. Les bavardages ne m’apprirent guère de chose que je ne savais pas. Malgré le mois que j’avais passé en convalescence me tenant autant dans le monde qu’un zombie, mes exploits alimentaient encore les conversations.
« Tu as l’air soucieuse mon enfant, dis mon Maitre en tirant une chaise pour s’assoir. »
Je levais un sourcil en le voyant s’installer dos à la salle, une des plus grosses erreurs qu’une personne avec nos activités pouvait faire.
« Tu as l’air tellement aux aguets mon enfant que même un asticot ne pourrait s’approcher à moins de cinquante mètre de moi sans que tu ne le vois, minauda-t-il. D’ailleurs je me demande pourquoi tant d’attention de ta part dans ce château miteux. »
« Je suis encore connu par ici, ricanais-je d’un ton acide. Un domestique a failli me reconnaitre au marché et ça aurait été plutôt ennuyeux. »
Une étincelle d’envie s’alluma dans les yeux du vieux grigoux, qui jeta un coup d’œil à la salle alentour.
« Et bien cette fois si on doit faire une sortie spectaculaire il faudrait percer le mur sud-est, des modifications de la muraille de ce coté là nous serait utile, répondit-il. De plus ça donnerait une tournure intéressante à cette ennuyeuse mission. »
« A-t-elle été couronné de succès, au moins qu’on se fasse pendre pour une bonne chose, marmonnais-je. »
Ombre Terre avala sa bière en souriant puis se releva et pris la direction de la sortie. Une tension dans l’air se faisait sentir en arrivant dans la rue. Les gens semblaient nerveux, et un brouhaha de cliquetis d’armes et d’armures se faisait entendre dans l’angle de la rue adjacente.
« On dirait qu’ils sont devenus prudents observa mon Maitre. Mêlons-nous à la foule et dirigeons-nous vers la porte sud en douceur. »
Prenant l’air inquiet des gens qui nous entouraient, nous nous dirigeâmes vers la porte, mais celle-ci faisait goulet d’étranglement et une foule dense se formaient. J’hoquetais en voyant les couleurs des hommes qui gardaient l’entrée, et qui d’ailleurs fouillaient tout les sortants, ce qui était aussi à l’origine de la formation de la foule.
« Oui c’est une des nouveautés dont tes exploits sont à l’origine ma chère, indiqua mon mentor. Notre ami Iop c’est formé une garde personnelle, bien qu’elle tient plus de la milice privée que d’une garde et l’attitude de la populace le prouve bien. »
Je réfléchis à la portée de cette information, puis l’urgence de notre situation m’explosa à la figure.
« On n’a aucun espace pour manœuvrer une fois que ses soudards me reconnaitront, soupirais-je. Comment allons-nous combattre, je ne peux même pas dégainer Fleur de Mort. »
« Hé bien il faudra que tu sois créative mon apprentie, nous ne t’avons pas appris le combat à mains nues pour rien, railla mon Maitre. En plus tu pourras en profiter pour un nouveau corps à corps avec ton amant. »
Quelque chose se glaça au fond de moi, mais les mouvements de la foule nous entrainaient de manière inéluctable vers la confrontation avec les quatre gardes de factions. A coté de moi j’entendis mon maitre vérifier les différentes lames que contenaient ses amples vêtements ainsi que le déchirement des capsules en papier remplies de poisons destinés à être soufflées aux visages de nos ennemis. Derrière nous des bruits de soldats au pas de course se firent entendre. Je tournais la tête pour voir une colonne d’une douzaine de soldats aux mines patibulaires aux couleurs de Lancelle-Oh menait par le domestique que j’avais bousculé.
« Ils sont là, attraper les, au nom du Sire Lancelle-Oh et du Roi Allister, hurla le domestique. »
Je notais que le soldat donnait d’abords son allégeance au capitaine de la garde d’Allister, en espérant que je survive assez longtemps pour l’utiliser.
« T’ai-je dis que ce bon Iop a du recruter toute la racaille des bas-fonds de Madrestam, il reste même plus assez d’hommes pour armer un radeau d’abordage, remarqua mon Maitre. »
Comme pour confirmer les dires les soldats se ruèrent dans la foule, l’épée au clair. Des cris de douleurs et des bruits de corps tombant au sol se firent entendre. Les gardes de la porte c’étaient rapprochés de moins, en tenant de sortir leurs armes au milieu de la foule. L’un d’eux passa à coté de mon Maitre, qui reculait d’un air apeuré comme le reste de la foule. Voulant m’atteindre avant leurs collègues, le premier ne vit pas d’où vint la lame qui lui trancha la gorge. Le coude du second s’envola lorsque mon Maitre se retourna d’un mouvement gracieux avec la lame de son coude, qui finit le mouvement en se rétractant dans un bruit humide. Le troisième larron voulut attaquer avec sa dague la nouvelle menace qui venait de mettre hors combat la moitié de son escouade. La lame fendit l’air et dans un craquement sonore déchira l’une des capsules en papier d’Ombre Terre. Le malheureux s’écroula en se tenant le visage, le corps en proie à des convulsions et l’écume dégoulinant de ses lèvres. Le survivant du groupe le regarda d’un air incrédule, oubliant une demi-seconde mon existence, demi-seconde suffisante pour que je lui brise la nuque d’un mouvement sec. Les soudards de la colonne hurlèrent en voyant leur dernier collègue tomber. D’un air nonchalant mon Maitre se retourna vers eux.
« Un contre douze, c’est trop facile marmonna le vieux bougre. »
« La voie est libre Maitre, on ferrait mieux de partir, dis-je. »
« Je crois que toi tu as le plat principal à te farcir avant qu’on ne parte fillette, me répondit-il en souriant. »
Le claquement d’une cape au-dessus de la porte me fit lever les yeux. Mon Lancelle-Oh était là, me jugeant d’un regard empreint de fureur. Je remarquais qu’il avait délaissé la ample tunique blanche traditionnelle des Iop pour une tenue tout de cuir et de laine noir, lui donnant un air plus lugubre voir mauvais.
« Ah ses jeunes aux cœurs brisées, ça prend n’importe qu’elle style vestimentaire, commenta Ombre Terre. Bon c’est pas tout mais j’ai des soudards à dérouillé, que l’Ombre veille sur Toi ma chère Flamboyante. »
Un nuage de fumée apparut d’une des fioles accrochées à la ceinture de mon Maitre, et je le vis bondir vers les deux premiers soldats qui atteignaient le cercle dégagé autour de nous et de nos quatre premières victimes. J’entendis le sifflement des lames de mon Maitre se déploya, ainsi que le bruit caractéristique qu’elles faisaient en s’enfonçant dans de la chair tendre. Lancelle-Oh sauta, et atterrit à quelque pas de moi. Lentement je sortis Fleur de Mort qui vibra longuement dans l’air une fois sortie du fourreau.
« Te voilà de nouveau sur ma route Ombre Flamboyante, j’aurais cru que tu aurais la sagesse de disparaitre, dit le Iop. »
« J’aurai cru que tu aurais la sagesse de ne plus te frotter à la Confrérie Lancelle, rétorquais-je. »
« Je vous détruirais TOUS !!!!!! »
L’attaque était pleine de fureur et de rage. Si elle avait portée elle aurait surement ébranlé ma défense. J’esquivais d’un mouvement souple, en profitant pour laisser une estafilade au visage de mon ancien amant. Il se rattrapa in extremis et se remis face à moi, la haine chauffant l’air autour de lui. La colère et la haine vibraient en lui. Sa seconde attaque fut toute aussi violente et soudaine que la première, et je l’esquivais sans mal.
« Un bien beau défenseur du bien que l’on a là, qui recrute tout les malandrins de Madrestam pour se constituer sa milice privée, raillais-je. Enfin tant qu’on ne l’a pas passé à la moulinette. »
Les bruits provenant de l’autre combat indiquaient que les miliciens de Lancelle-Oh étaient largement dominés par mon fourbe mentor, et je vis un nouveau rictus de haine se dessiner sur le visage du Iop.
« Les gardes du château n’étaient que des mollassons, hurla-t-il. Cette racaille de Madrestam en m’aidant fait un acte de rédemption honorable en participant à une cause juste. »
« C’est vrai que le petit peuple du château qui a l’air terrorisé rien qu’a la vue de cette troupaille est de votre avis, raillais-je en désigna les groupes de domestiques, servants et autres paysans terrifiés qui se cachaient dans différents recoins de la porte. »
Les premières passes d’armes m’avaient conduite à penser que mon adversaire avait beaucoup perdue de sa splendeur à manier les armes, mais son attaque fulgurante et terriblement précise m’envoya bouler au sol. Je sentis son poids m’empêcher de me relever et vit son regard narquois me narguer.
« Adieu petite Ombre, dit-toi que tu n’est que la première. »
Il leva sa lame dont la pointe rayonna au soleil. Je bandais mes muscles quand une déflagration le projeta sur le mur de la porte, le collant comme un moskito pris dans de la kolle. Je me relevais et époussetais mes vêtements.
« J’aurais pu le neutraliser moi-même, maugréais-je à l’intention de mon Maitre. D’un bon coup de pied je lui brisais un genou et lui faisais avaler ses dents.»
« Je t’ai dis que je m’occuper de la troupaille et te laisser le plat principal, mais j’ai jamais dis que je ne viendrais pas picorer dans ton assiette fillette, ricana Ombre Terre. Et puis il n’est pas encore utile à l’Ombre que tu abimes ce petit Iop, pas encore. »
Je regardais d’un air troublée mon nébuleux mentor qui caressait amoureusement la mâchoire de mon adversaire encollé sur le rempart du château d’Amakna.

Que l’Ombre s’étende.
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Amato
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MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Mer 13 Oct - 18:57

Dernier acte
Cycle Allégeance

Je remontais le couloir en direction de la salle d’audience. Je remarquais que toutes les lanternes étaient allumées, choses plutôt rare vu que beaucoup de ceux qui se rendaient à cette salle ne tenaient pas à être identifié par les membres de la Confrérie, qui quand à eux étaient parfaitement habitués à la pénombre. Deux Ombres se tenaient à coté de la porte, tentant de masquer que jouer les gardes n’étaient pas dans leurs habitudes. D’un signe de menton je les saluais et pénétraient dans la salle d’un pas décidé. Ombre Nocturne trônait au bout d’une longue table, mon mentor d’un coté, Ombre Alchimiste et Etoilé de l’autre et sa fidèle Ombre Sensuel derrière son siège. A l’opposé se tenait quatre gardes entièrement dissimulés par des capes qui entouraient un homme bedonnant qui s’était assis. Celui-ci se retourna vers moi à mon entrée.
« On peut comprendre qu’on se damne pour une telle beauté, remarqua-t-il. Bonsoir ma chère Ombre Flamboyante, à moins que même ce nom est un faux.»
Mes yeux cillèrent quand je reconnus le roi Allister, le seul dans la salle au visage non dissimulé.
« Non, Ombre Flamboyante est bien mon nom Majesté, répondis-je en sentant les confrères présent tiquer au fait que j’attribuais à Allister son titre de noblesse. »
« Hé bien chère Ombre Flamboyante, vous allez sûrement nous aider à régler notre problème commun, continua le roi alors que je me plaçais au coté de mon Maitre. »
« Et bien puisque nous sommes tous là, vous allez pouvoir nous l’expliquer ce problème commun, remarqua Ombre Nocturne. »
« Lancelle-Oh, souffla le souverain d’Amakna. Depuis votre dernière rencontre il est devenu fou. Il terrorise la population et à imposer une loi aussi dur que le fer de son épée. Certains de mes contacts qui ne lui rendent pas compte me signale même des exécutions sommaires des sujets qui lui résisteraient avec ou sans preuve de liens avec vous ainsi que ceux de Madrestam qui refusait de le rejoindre dans sa milice. »
« En effet nos agents dans votre château nous ont rapporté cela, acquiesça Ombre Nocturne. Mais en quoi vos problèmes internes concerne la Confrérie, l’instabilité nous a toujours profitée. »
« Ne me prenez pas pour plus bête que je le suis Maitresse des Ombres, rétorqua durement Allister. L’instabilité ne vous sert que quand c’est vous qui la déclenchez et la contrôlez … »
« Et qui vous dit que ce n’est pas nous qui contrôlons tout ceci, répliqua Ombre Nocturne… »
« Car je serais déjà mort pour que vos poulains reprennent le contrôle de la situation rapidement à votre avantage avant ceux de Bonta ou Brakmar… »
« Et quand bien même nous ne maitrisons pas ses débordements, en quoi cela nous gênerait ? »
« Même s’il n’est plus lui-même, Lancelle-Oh reste suffisamment intelligent pour retrouver et exécuter vos agents … »
« Des agents ça se remplace, ironisa Ombre Terre. »
« Mais pas toute la main d’œuvre de Madrestam, répliqua Allister. Ce ramassis de racailles et de brigands vous est bien plus utile à vous qu’a moi. Accessoirement, si Bonta et Brakmar décidaient de m’aider leurs influences à la cour seraient décuplées. »
« Vous n’accepteriez pas de perdre toute vos années d’effort pour la neutralité de votre royaume … »
« D’ici peu il ne me restera plus de royaume au rythme où Lancelle-Oh perd la raison, soupira le souverain. Si je dois le faire pour le bien de mon peuple je le ferrais, je le sers avant toute chose. La preuve, je suis ici, dans votre royaume d’ombres et de complots. »
Alors que l’assurance que le roi affichée jusqu'à maintenant s’effondra , je surpris le mouvement d’acquiescement de mon Maitre.
« Alors que voulez-vous de nous, demanda Ombre Nocturne. »
« Eliminer le, de n’importe quelle manière, mais tuer le qu’il ne fasse plus de mal à mon peuple, lâche le roi d’un ton battu. »
« Vous avez bien une garde, et je suis sur quelques personnes pour ce genre de mission discrète, remarqua la Maitresse des Ombres. »
« Malheureusement pas aussi expérimentée que vous, et accessoirement beaucoup répugneraient à éliminer celui qui leur à fait redresser la tête, lâcha le roi. »
« Et qu’avons-nous à y gagner dans tout cela ? »
« Eliminer le monstre que vous avez crée, alors qu’il était une si bonne chose pour ce monde, soupira Allister. »
« Ce n’est pas de notre faute si vous ne savez pas tenir votre protégé au cœur fragile, ricana Ombre Terre alors que je lui lâchais un regard venimeux. Est-ce que la petite c’est mis à massacrer à tort et à travers. »
« N’est-ce pas votre fond de commerce, répliqua acide Allister. »
« Il suffit Ombre Terre, coupa Ombre nocturne d’un ton trop doux pour être honnête. Allister, la Confrérie va vous aider à régler ce souci domestique en signe de bonne amitié. »
« Et je suppose qu’un jour je devrais monnayer cette bonne amitié, railla le roi. »
« Nous faisons tous le mieux pour ceux que nous gouvernons Allister n’est-ce pas, conclus Ombre Nocturne alors que le roi se relevait de sa chaise. Pour les détails pratiques, vous verrez ça avec Ombre Terre.»

Les soldats d’Allister nous attendaient à l’extérieur du château d’Amakna comme il était convenu. A l’apparition de nos silhouettes, beaucoup ne cachèrent pas leurs mines dégoutées.
« Hé bien ça fait plaisir de se sentir attendu avec tant de plaisir, minauda Ombre Terre. »
« Nous faisons notre devoir pour notre royaume, même s’il implique de côtoyer les pires ordures de ce monde, dit la garde Montay qui semblait diriger le détachement. »
« Soyez assuré qu’il en est de même pour nous Montay, ajouta mon maitre. Il me répugne d’avoir affaire à ses bourgeois obséquieux et corrompus qui s’agitent autour de votre roi comme des mouches à viande sur un cadavre pourrissant et pleins d’asticots bien gras. »
La tension était en train de monter, Ombre Nocturne apparut, Ombre Sensuel dans son sillage, et jeta un regard dur à mon maitre, qui haussa les épaules.
« Il suffit, gronda la Maitresse des Ombres. Nous sommes venus pour régler votre problème domestique, pas pour s’entretuer … enfin pas tant que la mission n’est pas accomplie. Je me suis engagée en tant que Maitresse des Ombres à aider votre roi, et je le ferrais, quitte à raccourcir la langue à quelques soudards un peu trop bavard. »
Les soldats d’Allister s’agitaient quand un messager apparut et transmit un message cacheté au garde Montay qui le parcourut nerveusement.
« Par les tétons de Jiva, on dirait que sa milice ne lui suffit plus, il veut renverser le roi avec sa troupe de soudards, il faut l’en empêcher. »
« Suivez-nous ordonna Ombre Nocturne. Ombre Terre je suis sur que tu connais des passages nous permettant d’accéder à la salle du trône rapidement et sans être vu. »
« Si ça n’était pas le cas je ne serais sûrement pas ici, ironisa mon Maitre. »
« Sensuel, Etoilé vous contactez nos unités et interceptez les soudards de Lancelle-Oh, il va sûrement éviter que le gros de sa troupe le vois éliminer le roi. Rappelez-leur qu’ils sont des frères de la cote, et ce qui leur en coûteraient de se mettre la Confrérie à dos. Montay, il faudrait quelques hommes pour guider ses demoiselles. Allons en route.»
Je sifflais et Allégeance apparut du néant. Je bondis sur ma monture et suivit mon Maitre et Ombre Nocturne qui ouvrait la voie aux troupes d’Allister. Arrivant devant le pan de mur récemment reconstruit mon Maitre appuya sur une série de pierres, qui coulissèrent en silence devant les yeux ahuris des soldats du château.
« Faites attention, les murs des couloirs sont guère épais, ne faites pas trop de bruit pour ne pas être entendu, indiqua Ombre Terre avant de s’engouffrer dans le couloir obscur. »
Malgré l’ordre de mon maitre, nous produisions un bruit infernal en courant dans le couloir obscur, les armes et armures des soldats d’Allister s’entrechoquaient dans un cliquetis incessant. Au détour d’un couloir nous entendîmes des voies en colère et des bruits de combat. J’entendis mon Maitre nous avertir, mais trop tard, les soldats se ruant en avant, je fus projetée à travers une tenture et atterrit dans un roulé boulé approximatif dans une salle violemment éclairée. Alors que les soldats s’effondraient dans une pile de corps et de membres entremêlées, je jetais un œil à la ronde. Visiblement notre arrivée soudaine avait pris par surprise les combattants de la salle du trône d’Allister. Ce dernier se tenait au centre d’un détachement de garde, l’épée au clair et ensanglanté, défiant le groupe de Lancelle-Oh qui avait défoncé la porte de la salle ainsi que les gardes ayant tenté de les contrecarrer.
« Hé bien vous avez fais appel à cette racaille pour m’empêcher de les abattre, railla Lancelle-Oh. »
« La seule personne que tu tentes d’abattre ici ça me semble plut tôt le roi que tu es sensé servir, ricana Ombre Terre. Toi qui te parais de la vertu et de la justice pour te justifier, te voilà encore tombé plus bas que les courtisans abjects de cette cour. »
« Il est temps que ce peuple ait le dirigeant qu’il mérite, suffisamment fort pour vaincre les ordures de vôtre genre, cracha le Iop. »
« Je ne crois pas que mon peuple mérite un dirigeant qui a trahi son roi, dit le plus calmement du monde Allister. Je ne crois pas que mon peuple mérite un dirigeant qui les terrorise et recrute de force la racaille de Madrestam. »
« Au moins j’agis, je ne laisse pas les courtisans ourdirent des complots et continuaient à s’enrichir sur le dos du peuple … »
« C’est vrai que tu agis, les complots c’est toi qui les réalise en tentant de renverser par les armes celui à qui tu as juré allégeance, lâche Ombre Nocturne. Et après quoi ? Tu vas éliminer les courtisans qui s’opposent à toi ? Et crois-tu un seul instant qu’ils se laisseront faire ? Que Bonta et Brakmar n’en profiteront pas pour annexer Amakna sous le prétexte de cette guerre civile ? »
« J’ai passé des années à éviter que Bonta et Brakmar ravissent Amakna aussi sûrement que les démons en leurs temps, je ne laisserais pas un fou tout détruire gronda à son tour Allister. »
« Vous avez vendu Amakna à cette confrérie de racaille, à vos nobles corrompus et à tout ses malandrins de Madrestam, hurla Lancelle-Oh. »
« Qui aujourd’hui te serve de troupe, en voila un dirigeant honnête et probe, à moins que tu ne les élimines eux aussi une fois ton pouvoir acquis, suggéra Ombre Terre. »
Les mots de mon Maitre touchèrent leurs cibles, et les miliciens commencèrent à se jeter des regards inquiets, alors qu’Ombre Sensuel et Etoilé apparurent dans la chambranle de la porte de la salle du trône, entourée de membres de la confrérie et de miliciens de Lancelle-Oh qui avaient enlevé leurs uniformes pour reprendre ceux des frères de la cote qui eux mettaient bien en avant leur profession de pirate.
« Tous corrompus et faibles marmonna Lancelle-Oh d’une voie remplie de rage et de haine. »
« La partie est finie Lancelle, lança Ombre Nocturne. Tu as voulu jouer contre plus fort que toi et tu as perdu. »
« JAMAIS , hurla Lancelle. »
Il se roua en avant, pour tenter de tuer Allister qui s’était avancé hors du mur de chair et de fer de ses gardes. Malheureusement pour lui, les puissants pièges mis en place par Ombre Nocturne l’emprisonnèrent aussi efficacement qu’un moskito dans une toile d’araknée. Pour achever le tout, Ombre Terre l’acheva d’un puissant coup de pelle. Le Iop s’effondra comme une masse au milieu de la salle dans un lourd silence.
« Messieurs, vos armes je vous prie, ordonna le garde Montay aux hommes de Lancelle-Oh qui se rendirent sans résister. »
« Qu’allons-nous faire de lui, demanda Allister à Ombre Nocturne. »
« Hé bien vous allez payer une partie de votre dette en laissant Lancelle-Oh à nos bons soins, déclara Ombre Terre. »
« De toute façon c’est votre création, soupira la roi. Vous avez réussi à rendre fou et maléfique cet homme qui pourtant était si juste et si bon. Il avait réussi à rendre son honneur à mon royaume et à ses soldats. »
« Ce qui a provoqué sa perte, rétorqua Ombre Nocturne. Et encore heureux pour vous que ça soit la Confrérie qui se soit occupé de lui, Amakna libre et indépendant nous sert, alors que je doute que Bonta ou Brakmar eurent une telle mansuétude envers vous. »
« Encore et toujours des complots et des trahisons pour le pouvoir, soupira la roi. Je ne m’y habituerais jamais, et encore moins au fait que parfois vous pouvez les combattre. »
« Nous sommes la Confrérie, nous servons l’Ombre, le pouvoir derrière le trône qui régule tout ce qui est caché dans ce monde, dit mon Maitre. Que cela vous plaisent ou non nous sommes là, et nécessaire à ce monde. »
Je surpris Ombre Nocturne à sourire, se moquait-elle d’Ombre Terre qui énonçait son credo, ou bien du roi Allister pris dans une lutte de pouvoir qu’il répugnait. D’un signe de tête elle nous ordonna de nous retirer, Lancelle-Oh solidement ligoté.

Nous sortîmes rapidement et nous enfoncèrent dans la nuit, les Ombres s’évaporant les unes après les autres.
« Qu’allons-nous faire de lui, demandais-je à mon Maitre. »
« Cela ne te regarde pas mon enfant, minauda Ombre Terre, j’ai encore quelques petits secrets à conserver par devers toi. »
« En parlant de ça, coupa Ombre Nocturne, je pense qu’il serait temps qu’on change d’intendant, Ombre Flamboyante n’est guère doué pour ça et je pense que ses talents seront bien mieux utilisés en infiltration et en action plus musclé. »
Je souris et acquiesçais en silence, mon manque de prédisposition à la gestion des hommes et des ressources de la Confrérie était devenu évident durant le lap de temps où Ombre Terre n’était pas là.
« Pourtant j’y arrivais bien moi, et pourtant Enutrof sait qu’au début je n’étais pas très doué, objecta mon Maitre. »
« Tu es un Dol’Amroth, tu as ça dans le sens vieille baderne, contra Ombre Nocturne. Je suis sur qu’Etoilé se ferra un plaisir de gérer la Confrérie, elle va sûrement s’amuser comme une folle. »
Je souris en pensant à Ombre Etoilé reprendre en main le dépôt de mon Maitre, dont le coté ordonné avait du mal à contrer l’entassement d’une quantité faramineuse d’objets à l’utilité plus ou moins évidente.
« Mais pour ton bon plaisir je pense qu’un peu de tutorat avec la petite ne lui ferra pas de mal, continua la Maitresse des Ombre. »
Mon sourire disparut, et malgré l’obscurité le rire acide de mon Maitre me fit comprendre qu’il l’avait remarqué.
« Pour mon bon plaisir j’ai ce jeunot, je pense que lui et moi allons beaucoup nous amuser, dit le vieux renard d’un ton carnassier. Ouaip, nous allons bien nous amuser. »

Que l’Ombre s’étende



HRP : je vais probablement continuer sur une série de one shot sans suivi particulier, vu que niveau cycle j'ai des idées mais rien de très ordonné
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MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Dim 21 Nov - 2:17

Exfiltration

Je me détendais dans les vastes bains naturels d’eaux chaudes qui s’étendaient sous le siège de la Confrérie en Amakna. Je m’étais chargés de vérifier la tenue de nos dernières recrues toute la matinée, les traquant dans les rues d’Amakna. Certaines c’étaient bien tenues, d’autres avaient été forts décevantes, ce qui avait l’avantage de nous pourvoir en petites mains pour les tâches ingrates dans les mois à venir. Ayant été la protégée d’Ombre Terre j’avais évité ce genre de traitement, et passé directement aux épreuves sans filet, sans un tuteur qui se contente de vous mettre KO plutôt que vous tuez. Rétrospectivement je frissonnais, les occasions de me faire tuer et les sauvetages in extremis par mon Maitre ayant été trop nombreuse à mon goût. Dans l’ombre quelques mouvements furtifs se firent. Je m’apprêtais à bondir sur le fautif, beaucoup de jeunes recrues mâles ce donnaient en pari d’atteindre cette salle du repaire. Malheureusement pour eux seule les Ombres les plus expérimentées avaient accès à ce petit plaisir, et celle-ci n’aimaient guère être surprise ici, à part Ombre Etoilé, mais une chose étaient sures, les apprenties qui tombaient entre ses griffes en ressortaient marqués. De nouveaux bruits furtifs se firent entendre par-dessus le suintement de m’eau chaude clapotant contre la roche. Bandant mes muscles, je bondis vers l’endroit où se localisait l’intrus. Je tendis les bras pour l’assommer contre la paroi, quand il disparut littéralement.
« Double sram, maugréais-je. »
Je glissais sur le sol humide tout en me retournant, croisant le regard froid d’Ombre Nocturne, la maitresse des Ombres. Le mur le plus proche m’arrêta brusquement et un mince rictus joua sur les lèvres de notre maitresses à tous quand elle me toisa ma nudité de Iopette de haut en bas.
« Toujours aussi réactive à ce que je vois Ombre Flamboyante, salua la maitresse des Ombres. »
« Toujours avoir 2 coups d’avances sur ses adversaires … »
« Et 3 sur ses alliés finit Ombre Nocturne, une des maximes d’Ombre Terre. Contente de voir que cette vieille baderne a réussi à enseigner ses voies à quelqu’un d’aussi efficace. »
« Maltraiter quelques apprenties pour en tester le potentiel n’est pas ce qui fait appel à mon efficacité, maugréais-je. »
« Hé bien face à une telle demande, je ne peux que t’ordonner de partir en mission, souri durement la sramette. »
Derrière elle, Ombre Sensuel son éternelle garde du corps sourit, et je me morigénais d’avoir laissé transparaitre aussi facilement mes émotions. Je haussais les épaules, je n’étais pas encore aussi accomplie à ses petits jeux de manipulations que la Maitresse des Ombres ou bien mon Maitre malgré mon statut d’Ombre à part entière maintenant.
« Nous avons un allié qui aurait besoin d’une aide pour une exfiltration, briefa Ombre Nocturne. Apparemment les bontariens ne reculent plus devant un peu de chantage avec un otage histoire de faire avancer la bonne cause. Comme aider notre allié et calmer les ardeurs bontariennes sur la transmission de la bonne cause nous arrange, on a besoin d’une Ombre capable de réagir vite et bien pour mener une mission qui peut rapidement tourner au grand n’importe quoi. »
« Je suppose que je n’aurais pas d’aide en cas de pépins, demandais-je. »
« Rien de direct en tout cas, répondit Ombre Nocturne. Nous avons biens des liens un peu partout dans la cité blanche, mais aucun n’est informé de cette mission et aucun non plus ne risquera sa place. »
« En gros aucun support et une situation qui peut se retourner contre moi en deux temps trois mouvements, le tout avec un client a exfiltré dans une cité remplie à ras-bord de soldatesque, résumais-je. Je me demande pourquoi je suis encore là. »
« Je n’aime guère ce genre de situation, marmonna Ombre Nocturne. Je préfère tendre mes rets et laisser mes proies se perdre dedans. Ombre Terre du temps où il était mon Maitre m’a toujours reproché mon manque de spontanéité et il m’a toujours présenté ton ascension dans la Confrérie comme étant l’outil dont j’avais besoin pour ce genre de situation. Ne me donne pas une occasion de lui montrer qu’il a tort, tu sais qu’il a horreur de cela. »

Je soulevais la couverture qui me masquait à la vue d’éventuels gardes et me protégeait de la pluie en repensant avec amertume à la chaleur des bains d’eau chaudes. Les toits et les rues de Bonta étaient luisants suite aux averses de la journée, et le froid rampant qui s’installait allé bientôt transformer toute la ville en patinoire. Pas un temps à mettre un Sadida dehors pensais-je alors qu’un frisson me traversa. Je sortis les deux épées courtes avec lesquelles je m’étais équipé avant de partir, cette mission impliquant d’éventuelles éliminations dans des couloirs et pièces étroites. Mon éternelle Fleur de Mort n’étant pas adapté dans ce genre de cas, je l’avais laissé dans le repaire avec regret. Je fis quelques mouvements des deux lames encore aux fourreaux pour me désankyloser les membres et j’observais la milice de Bonta. Aucuns gardes en vue, la pluie et le froid les avaient repoussés à l’intérieur … quoi que ayant vu des régulières de l’auberge de Cat-Aline la maquerelle rouge arrivées aux portes de la milice peut de temps après moi, l’absence des gardes était peut être dû à des raisons plus charnelles. Saisissant un arc, chose presque impie pour un Iop mais en tant qu’Ombre je devais user de toute les armes à ma disposition, je tirais deux flèches qui tendirent deux fils presque invisible mais solide entre le toit où je m’étais installé et les remparts de la bâtisse. J’avais jusqu’aux premières lueurs de l’aube pour repartir par la même voie car aux premiers rayons du jour cette corde travaillée par Ombre Alchimiste se désagrégeant sous l’effet de la lumière. Je regardais une dernière fois le plan fournie par Ombre Nocturne m‘indiquant la position probable de ma cible et montrant accessoirement que cette mission n’était pas complètement imprévue et m’élançais sur le cordage, remontant en silence jusqu’aux remparts. J’enjambais le parapet et jeta un coup d’œil circulaire. Aucuns gardes de visibles, mais en contrebas des bruits étouffés sortaient d’une salle, probablement la salle des gardes. Me faufilant dans l’ombre je me dirigeais jusqu’a la porte la plus proche, l’ouvrant d’un coup d’épaule vigoureux. Gardant en mémoire le plan je m’enfonçais dans la citadelle engourdie par le froid et l’obscurité. Je fis une rapide reconnaissance de l’étage, aussi furtive qu’un chachat chapardeur dans les rues d’Amakna. Les geôles de ce secteur réservé aux détentions discrètes se trouvaient au bout d’un couloir unique dont l’accès était verrouillé par un poste de garde. Je sortis de ma tenue une sarbacane et des fléchettes enduites de somnifère en voyant que les gardes de l’étage n’étaient pas en armure mais en tenue légère laissant leurs cous dénudés. Les cinq soldats que je neutralisais pour le compte aurait un réveil difficile ce qui les empêchera de fournir d’éventuels renseignements rapidement, mais je pris le soin de faire le ménage et décrocha de leurs cous les dards. Débarrassant le plus gradé de ses clés et imbibant leurs cols d’alcool pour brouiller les pistes, je rentrais dans le couloir et me planta devant la seule cellule occupée.
« Ogrest, le fils d’Otomai, voilà bien quelqu’un que j’attendais pas à voir dans une telle situation, soufflais-je. »
Le jeune ogre se réveilla et se redressa, sa tête heurtant le plafond de sa cellule.
« Une Ombre, chuchota-t-il. Es-tu là pour me tuer ou me libérer. »
« Tout dépend de mes ordres Ogrest, répondis-je d’un ton calme. Et quelles sont-ils d’après toi ? »
L’ogre se recroquevilla sur lui-même, et me jeta un regard intense, mélange de peur et de frustration mais aussi d’une sourde colère qui ne demandait qu’à jaillir.
« Tu es l’apprentie d’Ombre Terre, et il aimait bien Papa, raisonna l’ogrillion. Et même si Papa dit qu’il faut se méfier des Ombres, si tu avais dû me tuer je serais déjà mort. »
« Bonne logique petit dis-je en ouvrant la porte de la cellule. Je ne suis pas là pour te tuer mais pour t’aider à sortir, même si je ne comprends pas comment tu as pu te retrouver ici. Un de ses laborantins complètement autistes et sans aucun bon sens m’aurait paru évident, mais toi je suis surprise. »
L’ogre s’ébroua et sortit de sa cellule, puis me fixa intensément.
« Pourquoi penses-tu que je peux m’en sortir seule de cette situation, me demanda-t-il. »
« Te rappelles-tu de la première fois que je t’ai vu Ogrest ? »
L’ogre fit un signe de tête négatif et tiqua légèrement en passant devant les cinq gardes profondément endormis.
« Ce jours là nous amenions du ravitaillement pour ton père et ses laborantins quand un groupe de craqueleurs nous as attaqués. Tu en as fais de la poussière de corail en moins de deux, et a main nu. Vu que tu as poussé d’au moins un bon mètre depuis, je pense que ta force a largement cru et je doute que quelques gardes de Bonta auraient pu t’arrêter. »
« J’aurais risqué de les blesser voir de les tuer, objecta le fils d’Otomai. »
« Eux n’auraient pas eu de scrupules petit, rétorquais-je. Il faut que tu comprennes que hors de l’ile de ton père les disciples des douze ne sont pas forcément très civilisé et qu’ils n’auront aucun remord à te menacer voir à t’éliminer s’ils peuvent gagner du pouvoir, surtout vis-à-vis de ton père. Pour certains tu n’es qu’un monstre qui n’a à peine plus de valeurs qu’un bouftou galeux. »
Je lisais dans les yeux de l’ogre sa stupeur et son incompréhension. Malgré sa carrure imposante et son visage dur, il était encore très naïf, presque innocent et ne connaissait pas l’ampleur de la fourberie de l’esprit de pécore moyen vivant dans cette cité ou n’importe où ailleurs dans ce monde. Dans un sens j’enviais cette innocence, qu’en tant qu’enfant des rues je n’avais jamais eue, même si ce pauvre ogre s’en mordait les doigts à cet instant.
« N’oublie pas une chose Ogrest, tu es fort, très fort, peut être autant que Iop lui-même, tu ne dois pas te laisser marcher dessus par ceux que tu peux soumettre à ton pouvoir. Ta force est ta liberté, et tu ne dois pas te restreindre pour ne pas blesser ou heurter des êtres plus faibles ou malveillants que toi. »
« Très digne de la Confrérie des Ombres comme tirade, remarqua-t-il. Je suis sur que mon père ne serait pas de cet avis, mais parfois il est trop plongé dans ses expériences pour voir la réalité. »
Dans ses mots il semblait toujours partagé, mais je remarquais que sa voie s’était affermie et qu’une lueur d’envie s’était allumée quand je l’avais comparé à Iop. Peut être que je venais d’ouvrir la porte à une face plus obscure de sa personnalité, mais tant mieux, cela l’aiderait surement à passer les épreuves qui nous attendaient, comme sortir de cette bâtisse, car vu son gabarit on en repasserait pas par les cordes. Je poussais la porte et tombait nez à nez avec un détachement de gardes.

« Alerte le monstre s’échappeeeeee, hurla le premier garde avant que ma première lame lui tranche la gorge. »
« Tuez cette fille d’abord puis occupez-vous du monstre, ordonna le gradé du groupe. »
Je voulus m’élancer quand quelque chose me projeta à terre. Je redressais la tête pour voir Ogrest saisir le gradé, et le propulser contre le mur le plus proche. Les craquements sinistres qui suivirent son atterrissage me renseigna sur son sort.
« JE … NE … SUIS … PAS … UN MONSTRE »
D’un grand revers du bras droit, Ogrest écrasa trois soldats contre le mur, les transformant en bouillie informe de chairs et d’armures. Les autres gardes s’égaillèrent en criant à l’alerte. Me redressant je regardais le fils d’Otomai qui arracha des morceaux de remparts et les balança sur les fuyards, alors que les premières flèches fusaient. Parant un de ses missiles mortels avec mes lames, j’hurlais à l’attention de mon compagnon.
« Ogrest, il faut sortir d’ici et aller au zaap pour s’enfuir. »
Il acquiesça d’un signe de tête, et sauta dans la cours en contrebas, faisant voler la douzaine de gardes qui se rassemblaient comme de vulgaires poupées. Je descendis quatre à quatre les marches, faisant tournoyer mes lames pour me débarrasser des quelques gardes qui me prêtaient attention. Au centre de la cours Ogrest mobilisait l’attention de deux phalanges de gardes, qu’il écrasa de ses points massifs dans un déluge de boucliers froissés et d’os rompus. Me voyant arriver à sa hauteur, il empoigna une lourde charrette remplie de bidons. M’avisant que c’était de l’alcool, je jetais une torche qui enflamma l’énorme projectile qui s’écrasa sur la massive grille de la milice. Les tonneaux d’alcool se rompirent et s’enflammèrent instantanément, provoquant une énorme gerbe de flamme et un souffle puissant qui tordis le portail sur ses gonds. Profitant de l’abri du poitrail puissant de l’ogre, je me ruais vers la porte dès que le souffle était retombé, alors que des incendies s’allumaient dans tout ce qui était combustible dans la cour. Je me retournais et vis Ogrest prendre la cape d’un capitaine des garde et se refaire un pagne avec alors que les flammes rugissaient de plus en plus fort. Nous passions juste le portail défoncé quand les cloches d’alertes de la cité blanche se mirent à sonner. Nous avions fais que quelques pas en direction du zaap quand une foule de bontariens surgit des maisons, se dirigeant vers la milice.
« Il faut profiter de la confusion pour prendre le zaap, criais-je. Allezzzzzz. »
Rangeant mes deux lames, je courus à perdre haleine jusqu’au portail bleuté, alors qu‘autour de nous la foule se densifiait et les gardes hurlant, tenant de nous rattraper et de combattre l’incendie qui commençait à naitre dans leur caserne. Arrivant à l’arche de pierre, je me retournais et lança une fiole qui libéra une brume corrosive et épaisse qui empêcherait quiconque de s’approcher sans risquer de dures brulures pendant la prochaine demi-heure. Faisant un signe de tête à Ogrest je plongeais à sa suite dans le vortex bleuté du zaap.

Emergeant du zaap des plaines de Cania, je vis Bonta la Blanche au loin, une lueur orangée montant à l’assaut du ciel.
« On ne peut pas dire que tu fasses dans le discret Ombre Flamboyante, lança Ombre Nocturne. »
Je m’inclinais devant la maitresse des Ombres, dont la présence était certes étonnante mais pas imprévisible.
« Jeune Ogrest, fils et protecteur d’Otomai, la Confrérie vous salut, continua Ombre Nocturne en inclinant la tête en direction de l’ogre qui masqua son trouble de la voir une fraction de seconde trop tard. J’espère qu’Ombre Flamboyante vous a contenté. »
« En effet Dame des Ombres, répondit l’ogre d’une voie grave. Ombre Flamboyante a eu les actes et les paroles qu’il a fallut pour cette situation, et je garderais un souvenir des plus marquant de cette rencontre. »
« Voila qui est fort bien, acquiesça Ombre Nocturne. Voulez-vous que vous nous raccompagnions jusqu'à votre père. »
« Non, avertissez-le juste que je suis libre, répondis l’ogre. Je vais rentrer par mes propres moyens, comme me l’a dis Ombre Flamboyante, ma force est ma liberté, et je ne dois pas me restreindre. »
D’un pas lourd il partit en direction du massif de Cania et de ses craqueleurs, alors qu’Ombre Nocturne le regarda longtemps s’en aller.
« Je ne sais pas ce que tu lui as dis ou fais Ombre Flamboyante, et je ne veux pas le savoir, murmura la Maitresse des Ombres. Mais je crois que tu as ajouté un nouveau joueur dans la partie, et pas des moindre, non pas des moindres. »

Que l’Ombre s’étende.
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MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Jeu 30 Déc - 1:44

Les voyantes de Pandala
Cycle : les démons du sang

Ombre Nocturne allait et venait dans la salle du conseil. Je m’étendais discrètement dans ma chaise, attendant comme les autres confrères les réactions de la Maitresse des Ombres suite à mon rapport. Ce fut la gemme portail où émergeait une représentation éthérée de mon Maitre, Ombre Terre, le numéro 2 de la Confrérie et actuellement intendant de notre nouvelle base sur l’ile de Staroth.
« Qu’Otomai joue avec des forces bien plus grandes que quiconque n’est guère étonnant, soupira mon Maitre, alors qu’Ombre Alchimiste acquiesçait d’un mouvement de tête. Ce qui est plus étonnant c’est que cela prenne la forme de cette créature, j’aurais plus vu cet alchimiste finir par faire exploser son ile et tout ce qui se trouve dessus. »
« L’alchimie n’est pas aussi puissante, même entre les mains d’Otomai, coupa Ombre Alchimiste d’un ton docte. »
« Et heureusement pour nous, ajouta froidement la Maitresse des Ombres. Nous avons du assez refaire des secteurs du repaire suite à tes expériences de fioles explosives Ombre Terre. J’espère que tu es plus prudent sur l’ile de Staroth. »
Ombre Terre lança un sourire malicieux, mi-moqueur mi-condescendant à la Maitresse des Ombre qui parut se détendre quelques instants, les bravades de mon Maitre ayant la plupart du temps cet effet sur elle.
« Quand à Ogrest et sa prise de conscience de lui-même de ses pouvoirs, il va falloir le surveiller de près, un nouveau joueur dans la partie, surtout aussi puissant que lui pourrait faire bouger les lignes, et je compte bien que ça soit à notre avantage. »
« Il faudrait toutefois en apprendre plus sur ses capacités avant de le surveiller de prêt, remarqua Ombre Etoilée. »
« C’est bien la première fois que tu es peu enjoué par une surveillance au corps Etoilée, railla Ombre Terre. »
« Cette créature est bien trop poilu et rustique pour moi, répliqua Etoilée en faisant une moue assez équivoque. »
« Nous avons bien quelques apprenties a mettre sur cette tâche, enfin quand ils auront récupéré des derniers tests que leur a infligé Ombre Flamboyante, ordonna la Maitresse des Ombres. »
« Roo si un peu de battle royal les émoussent, je ne suis pas sur qu’ils puissent survivre à la suite de leur vie au sein de la Confrérie, maugréais-je. »
« Et dire qu’en confiant la sélection des jeunes Ombres à Flamboyante j’espérais moins de morts violentes dans les recrues par rapport a temps d’Ombre Terre, ricana d’une voie froide Ombre Nocturne. »
« Ombre Nocturne nous devons parler immédiatement ! »
La lourde double porte de la salle du Conseil des Ombres s’ouvrit en grand, laissant passer comme portée par une bourrasque d’une tempête d’hiver la silhouette éthérée d’Ombre Prophétique, suivie de Scribe trottinant quelques pas derrière elle. Un sifflement acide sortit des lèvres de la Maitresses des Ombres, et elle prit les quelques secondes nécessaire à ce qu’elle se retourne pour se recomposer un visage.
« Ombre Prophétique, si vous souhaitiez me voir, il n’était pas nécessaire de faire un tel scandale pendant que le Conseil est réunie pour avoir une audience, rétorqua fermement la Maitresse des Ombres avec une dignité et un calme retrouvé. »
« Je sais très bien que je n’ai guère de poids et de valeurs pour vous maintenant que le Hérault de l’Ombre n’est pas ici, clama la prophétesse. Vous n’avez jamais accordé de valeurs mon œuvre. »
Je regardais tour à tour Ombre Nocturne, qui visiblement se retenait d’envoyer une répartie cinglante à défaut d’une dague à la pandalette à la silhouette éthérée et Ombre Terre dont l’image envoyé par la gemme portail irradiait l’ironie.
« Il suffit Mesdames, intervint Ombre Terre. Nous ne sommes pas ici pour juger de l’apport des uns et des autres à la Confrérie. Pusiqu’Ombre Prophétique est venu ici, autant qu’elle nous explique sa raison. »
Omre Nocturne fusilla du regard son Intendant, mais elle acquiesça.
« Le Conseil t’écoute Ombre Prophétique, en espérant que ta pugnacité serve une cause réelle. »
« J’ai eu une vision du Temple des mes sœurs décédées, éructa la pandalette aveugle. Je dois y retourner tout de suite pour comprendre cette vision. »
« Je ne vois pas en quoi cela motive tout ce ramdam, coupa froidement Ombre Nocturne. »
« L’ile n’est pas sûre, surtout Grobe avec ses multitudes de fantômes, répliqua rageusement Ombre Prophètique. Et Scribe et moi ne sommes pas des combattantes. »
Ombre Nocturne sourit sous son masque.
« Hé bien, puisqu’Ombre Flamboyante est disponible, je pense qu’elle se ferra un plaisir de vous accompagner. Je suis sur qu’Ombre Etoilé se ferra un plaisir de gérer les novices pendant son absence, et puis ça leurs apprendra d’autres formes de dangers. »
Ombre Prophétique pivota vers moi, son visage parcourut d’émotions contradictoires.
« Puisse-t-elle pour une fois ne pas contrarier les destins que je mire, soupira la pandalette avant de se retirer. »

Dans l’atmosphère moite de Pandala, je remettais en place pour la quinzième fois l’arc qui ne cessait de glisser dans mon dos. Pour cette mission j’avais choisis de prendre mes doubles épées, bien plus pratique pour manœuvrer dans la jungle et qui commençais à remplacer dans mon cœur de guerrière Fleur de Mort, ainsi qu’un arc pour éliminer à distance une éventuelle cible. Beaucoup de Iop seraient horrifiés par ce choix, mais avoir l’avantage du choix des armes était souvent vitale.
« Pour un endroit dangereux ça manque de dangers, depuis ce matin aucun fantôme ne nous as attaqué, remarquais-je. »
Ombre Prophétique ne réagit pas, depuis le début de la matinée elle guidait notre petite troupe d’un air absent.
« Les fantômes n’attaqueraient jamais une voyante de Pandala, c’est grâce à elles qu’ils peuvent rester encore quelques temps sur notre monde, répondit Scribe. »
« Et pourquoi donc ? »
« En mirant les futurs les voyantes ouvrent des brèches dans le temps, permettant aux âmes des créatures environnantes de rester quelque temps encore en ce monde, en général le temps de ce farcir un aventurier ou deux en plus, continua la xelorette. »
« Hé bien, moi qui te croyais muette, soupirais-je. N’empêche que je me demande bien ce qu’une xélorette a affaire à une voyante, le temps c’est plutôt votre domaine. »
« Et moi qui te croyais futé, railla Scribe. Je ne parlais pas car je n’avais guère à dire. Et puis comment crois-tu que les xélors ont réagis quand ils ont appris l’apparition de cet ordre ? »
« Ils ont envoyé des membres de leur ordre secret du cru pour infiltrer l’ensemble et voir de quoi il en retourne, dis-je d’un air blasé. »
« Hé bien je vois que tu n’es pas aussi bête que ça et que tu as compris comment les choses fonctionnent dans ce monde, acquiesça la naine. L’ordre de l’aiguille m’a introduite en tant que servante d’une des plus jeunes et talentueuses prêtresses de cet ordre pour en apprendre plus. »
« Ce qui a tourné court suite à la jolie boucherie faite par Staroth et t’as obligé à suivre Ombre Prophétique dans la Confrérie, conclu-je. »
« Hum les choses ne sont pas si simple que ça, mais suivre la voyante dans la Confrérie était la meilleure des options disponibles à ce moment là, ajouta Scribe. »
Je notais la tournure de la phrase dans un coin de mon esprit et me promis d’y jeter un œil plus tard, la xelorette semblait bien plus intéressante qu’un premier abord laissait croire.
« Tiens toi qui semble connaitre le sujet, qu’est ce que son pour toi les ombres de Staroth, interrogeais-je. »
« D’après les observations que j’ai pu faire, les ombres de Staroth sont des âmes que le démon garde prisonnier pour s’en servir de chair à canon, répondis la naine. Détail rigolo, ce n’est pas forcément des âmes torturés par les démons, il peut s’agir d’âmes errantes classiques que l’aura du démon a capté. »
Je voulus répondre, quand le cri d’Ombre Prophétique nous fit bondir en avant. Je sortis grâce et déchéance et me ruais dans la clairière où s’étendait les ruines du monastère des voyantes de Pandala. Mes lames chantèrent, et un nuage d’Ombres s’écroula. A coté de moi, Scribe sortit un énorme marteau de guerre qu’elle fit virevolter comme une aiguille, passant en force jusqu'à Ombre Prophétique qui jetait des regards éperdus autour d’elle malgré ses yeux aveugles. Je bondis et trancha en passant quelques ombres qui disparurent en s’évaporant. Alors que ma cape avait à peine effleuré le sol, Scribe fit une grimace.
« On va finir submergé par le nombre nom d’un rouage. »
J’acquiesçais tout en me dégageant un peu d’espace vitale par de grands moulinets de mes lames. Entre nous deux, à l’abri des va et vient des armes de Scribe et moi-même, Ombre Prophétique reprit sa contenance et se mit à psalmodier.
« Qu’est ce qu’elle fait, dis-je en ramenant près de moi in extremis mes lames qu’une grappe d’ombre tentait de m’arracher des mains. »
« Aucune idée, grogna Scribe. C’est bien la première fois qu’elle réagit pendant un combat. »
Alors que je m’apprêtais à répondre, une onde de choc blanche surgit du corps de la pandalette et frappa les Ombres qui s’évaporèrent dans un cri silencieux.
« PANDAWAAAAAAAAA. »
Je soupirais en baissant mes armes, quand je vis que certaines des brumes d’ombres se reformaient en une créature beaucoup plus massive.
« Par les os noires de Rushu, jurais-je. »
La créature d’Ombre aux multiples bras et jambes grogna sourdement.
« Bon ba je crois que ce n’était pas une bonne idée, remarqua Scribe en soupirant. »
Je sortis mon arc et décocha une dizaine de flèches coup sur coup, qui pulvérisèrent un certains nombres de membres, sans affecter la bestiole qui se dirigea difficilement vers nous. Je sortis mes lames et frappa de taille et d’estoc, provoquant des volutes de fumées autour de moi. La créature gémit et me regarda d’un air incrédule, avant de tenter d’attraper Scribe qui esquiva d’un bond souple étonnant pour cette petite momie en mouvement.
« On dirait que tu as une fan, ronchonna la xelorette, évitant une nouvelle attaque. »
« Vu la gueule de cette vérole, je te la rends de suite, répliquais-je. »
M’interposant de nouveau, je ne pu que constater que la créature m’évitait soigneusement, geignant sous mes attaques. Ombre Prophétique me regarda et me dis d’une voie douce.
« Le Hérault de l’Ombre a le pouvoir de contrôler les Ombres. Ce don court dans son sang, il est normal que sa fille le possède aussi. »
Je l’a regardais d’un air troublé.
« Alors en voilà un choix, railla la voyante. Tester la théorie fort intrigante de cette folle de voyante, ou bien laisser Scribe continuait à danser la gigue avec une Ombre peut coopérative. »
Scribe bondit une fois de plus, alors que l’impact du coup de l’Ombre fit exploser une muraille de pierres écroulées. Je soupirais, à l’instar de Lancelle-Oh en son temps, Ombre Prophétique me mettait face à des vérités que je cherchais à éviter.
« Ombre disparait, ordonnais-je. »
La créature frémit et se mit à disparaitre dans des volutes aux multiples arabesques.
« Tu aurais pu faire ça plus tôt, maugréa Scribe en essuyant la sueur sur son front. »
« Il est toujours dur à un aveugle d’ouvrir les yeux, ironisa la pandalette. Sinon puisse que nous sommes à énoncer des évidences, quelqu’un pourrais m’expliquer que ce que ses Ombres faisaient ici alors que Terre n’est point là ? »

Que l’Ombre s’étende.
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MessageSujet: Re: Livre noir de la confrérie de l'Ombre   Jeu 20 Jan - 20:27

Roublard
Cycle : les démons du sang

L’air salin et iodé me fouetta le visage. En dessous de moi s’étendait le port de Madrestam et la brise matinale empêchait les remugles d’alcools frelatés et de poissons faisandés de remonter à ma hauteur. En contrebas les quais s’éveillaient, alors que la plupart des bateaux du crû se préparaient à une nouvelle journée en mer, et que ceux des contrebandiers et autres frères de la côte faisait mine de faire relâche. Scrutant attentivement les bateaux et les équipages, je mis quelques minutes à trouver « La Sirène Nue », le bateau de Kradoc. A l’instar de tout les aigrefins de la côte, Kradoc modifiait régulièrement son vaisseau, le rendant des plus difficile à identifier. Un sourire carnassier sur les lèvres, je le vis descendre sur les quais, entourés de quelques uns de ses lieutenants. Je bondis de la falaise, sautant sur les premiers toits en contrebas, et atterrit face à lui dans une ruelle étroite menant à la boutique d’un des receleurs notoires du port.
« Salut Kradoc .»
L’enutrof cracha au sol d’un air dégouté.
« Par les os noires de Rushu, la journée prend une mauvaise tournure, maugréa le capitaine. A moins que les garçons ne me règlent ce souci. »
Dévoilant largement mes deux fourreaux en souriant, je vis les hommes de Kradoc reculer de quelques pas, et je m’approchais du capitaine soudain bien isolé.
« Kradoc, mon petit cœur est tout triste de voir que tu n’es pas en joie de me voir, dis-je d’une voie fluette. »
Alors qu’il tentait de reculer, je l’attrapais par le col, et le plaqua durement contre un mur poisseux, une dague juste posée sur sa gorge.
« Mais bon d’un autre coté, rien n’est jamais facile avec toi n’est-ce pas. »
Voyant les compagnons de l’enutrof se rassemblaient dans mon dos, je fis voler ma dague dans leur direction, et ils s’égaillèrent sans demander leur reste.
« Enfin un peu d’intimité, ronchonnais-je, alors que je le laissais glisser jusqu’au sol. »
« Tu aurais pu dire directement que tu voulais me voir en privée fillette, cracha Kradoc une fois le sol atteint. »
« Voyons, tu en aurais profité pour te faire mousser, rétorquais-je. Et je ne suis pas sur que mon image aurait été gagnante dans l’histoire. »
« Si tu veux avoir une image de mal baisé comme ta Maitresse, libre à toi, grinça l’enutrof. Enfin, parlons plutôt affaire : que veux-tu de moi ? »
« J’ai besoin de me rendre sur l’ile de Staroth immédiatement, lâchais-je d’un ton froid. »
« Tu ne fais pas partie de la liste du prochain voyage, remarqua l’enutrof. »
« Tu comprends maintenant le coté privée de cette discussion, confirmais-je. »
L’enutrof me détailla des pieds à la tête, un sourire en coin sur le visage.
« Et tu me crois assez fou pour t’introduire sur l’ile sous le nez d’Ombre Terre, pouffa Kradoc. Tu as peut être un joli fessier que j’aimerais bien tâter gamine, mais je ne suis pas assez fou pour ça. Cette vieille raclure de Terre trouverait des moyens de me le faire payer que je n’imagine pas, et pourtant quand il s’agit de vengeance, je suis très imaginatif. »
« Voyons, je suis sur que tu es assez doué pour y arriver, lui dis-je d’une voie doucereuse en me penchant de manière à révéler mes formes. »
« Même pas en rêve fillette, rétorqua l’enutrof en me claquant bruyamment la main sur mes fesses. »
D’un violent coup de tête, je le plaquais au sol et me retournait sans un regard. J’entendis Kradoc se mettre à rire.
« Oublie pas à quelle place tu es fillette. »

La colère courrait encore dans mes veines quand j’arrivais en vue de mon plan de secours : le canon de l’ile de Moon.
« Tiens donc, mais regardais qui nous arrive d’un pas décidé, héla le canonnier de garde. »
« Je vois que les choses n’ont pas changé par ici, souriais-je. »
« Ouaip, tu nous connais Brise-Pif, on passe un coup de peinture de temps en temps mais le fond reste le même, répondit-il. Nom d’un tonneau de poudre à canon, ça fait une paie qu’on t’avait pas vu fillette. Nous qui pensions que tu étais rendu chez les hommes en noirs et qu’on te reverrait jamais. »
Je suivais le canonnier vers la cahute qui leur servait d’habitation à une distance prudente du canon.
« Et comment se passe les affaires, demandais-je en profitant d’un des rares blancs du gouailleurs Boulet. »
« Les choses vont bien depuis que tu nous aidé à nous débarrasser des concurrents. Etoupe et Flammèche sont toujours en train de se chamailler, et la vue de Renard commence à baisser sérieusement, on a perdu quelques colis en passant. »
Je m’assis à la table usé par les nombreuses parties de cartes et beuveries qui l’avaient marqué. Des souvenirs d’une époque lointaine, où je n’étais qu’une gamine des rues me revinrent. Les canonniers avaient toujours besoin de petites mains pour nettoyer le canon ou bien chercher des commissions, et j’avais plus qu’a mon tour reçu une piécette ou deux de leurs parts. Avalant le verre de tord boyau qui leur servait de remontant et aussi de détachant universelle, je souris en repensant aux heures passées ici.
« J’imagine que tu n’es pas venu nous rendre une petite visite de courtoisie, finit par lâcher Boulet. Alors que veux-tu de nous autres ? »
« J’aurais besoin que vous m’expédiez vers ce point, dis-je en déroulant une carte représentant les iles proches ainsi que plus éloigné le repaires de Staroth. »
« Hummm pas évident, on n’a pas l’habitude d’envoyer des colis à l’aveuglette aussi loin, répondit Boulet en se caressant la barbe d’un air songeur. »
« J’ai suffisamment trainé par ici pour savoir que c’est possible, seulement difficile, répliquais-je. »
Boulet regarda longuement la bouteille de tord boyau puis il me fixa.
« Après tout c’est ta peau Brise-Pif, pas la notre. Il faudra attendre la fin de la journée que le reste de l’équipe revienne. »
J’acquiesçais pour me leva en direction de Madrestam pour faire la tournée de mes contacts et leurs confier des missions, histoire que mon absence ne se remarque pas trop vite. Au détour d’une ruelle, j’entendis un claquement de cape derrière mon dos. Je sortis Grâce et Déchéance instinctivement, parant la première attaque.
« Toujours sur le qui vive, dit la voie rugueuse de Vil Smith. Je vois qu’Ombre Terre a fait du bon boulot avec toi. »
Faisant glisser Grâce le long de sa lame, je contre-attaquais vigoureusement. D’un mouvement souple, le chef des Roublards bondit dans la ruelle, hors de porté des mes lames. Prenant appuie sur le mur, je bondis vers lui, cisaillant l’espace de mes lames. De nouveau il esquiva l’attaque. Dans mon cerveau une alarme se mit à clignoter, il était de notoriété public que Vil était un grand combattant qui aimait défier autrui en duel.
« Je vois que tu sens le problème arrivé, susurra le roublard. Tu as mis moins longtemps que je l’espérais. Finissons de jouer alors. DETONATION !!! »
Je fus propulser vers Vil, et avant que les ténèbres ne se referment sur moi je sentis son poing rencontrer durement ma mâchoire.

Je me réveillais dans un grand fauteuil recouvert de velours rouge. En face de moi une cheminée massive brulait dans une série de craquement sourd. Les meubles et le chandelier étaient tous d’une grande qualité, digne des suites royales des palais de Bonta et de Brakmar. Tranquillement accoudé à la cheminée, Vil Smith faisant tourné dans sa main un verre de whum de très bonne qualité au vu du parfum qu’il dégageait.
« Et moi qui croyait que le repaire des roublards étaient un arbre creux fétide, raillais-je »
« Pour beaucoup la Confrérie se terre aussi dans un trou boueux, pourtant de ce que j’en ai vu vous avez tout le confort que l’on peut demander, rétorqua-t-il sans me regarder. »
Je me levais et constata que mes armes étaient toujours à leurs places, bien qu’ayant été manipulé pendant mon inconscience. Je remarquais rapidement les arbalètes qui étaient cachés dans différentes moulures, donc Vil ne prenait pas de risque.
« Que veux-tu, demandais-je. »
« J’ai besoin de quelques petits renseignements que tu possèdes, dit-il en avalant son verre. »
« Qui te dis que je suis prête à te les donner, rétorquais-je. »
« Je peux t’aider à rejoindre de manière discrète le repaire d’Ombre Terre, lâcha-t-il. »
« Que veux-tu savoir ? »
« Directe, on ne m’avait pas menti à ton sujet et pour une fois qu’une affaire sera traité vite et bien, minauda le chef des roublards. J’ai besoin de connaitre le devenir de deux personnages avec qui tu as eu des démêlées. En premier lieu, ce cher Lancelle-Oh, dont la disparition aussi subite que son ascension m’a obligé à changer mes plans, et je veux être sur qu’il ne reviendra pas dans mes pattes au mauvais moment. Le second est Staroth, comme tout démon en ce monde nous avons eu des différents par le passé, et même s’il a l’air affaibli, il reste une menace majeure. »
Je réfléchis quelques instants pour examiner les possibilités de réponses sous toutes les coutures. Vil était un être aussi retord et fourbe qu’Ombre Terre ou Ombre Nocturne, soit bien au dessus de mes pouvoirs. Dans ce genre de cas, Ombre Terre m’avait toujours dis de dire la vérité, car recouper les indices prenaient en général bien plus de temps quand il s’agissait de choses vraies plutôt que de fantasques fantasmes.
« Lancelle-Oh est aux mains d’Ombre Terre, je ne sais pas plus à ce sujet, mes supérieurs y veille drastiquement, répondis-je. »
« Ce qui ce comprends au vu du coté explosif de votre relation, commenta le roublard. »
« Quand a Staroth aux dernières nouvelles nous l’avons éliminé grâce à Ombre Terre, mais tu t’y connais plus que moi en démon Vil. »
« Si Ombre Terre s’en est occupée, je peux être tranquille de ce coté là, le professionnalisme de ton Maitre n’est plus à démontrer. »
« Dommage qu’il ne soit pas avec vous, raillais-je. »
« En effet, c’est bien regrettable pour les Roublards. Enfin je n’en suis pas si sur, on ne peut avoir deux chefs dans guerre dans un même troupeau de bouftou comme on dit. »
« Et quand au moyen de me rendre sur l’ile, poursuivis-je. »
« Hé bien je dois livrer quelques objets à ton Maitre par l’intermédiaire de Kradoc, mes hommes pourront t’aider à t’y introduire. Par contre pense à sortir avant le débarquement, je pense que ton Maitre inspectera de manière drastique la cargaison, dit-il. Ce pendentif te ferra connaitre des mes hommes et cette potion te ramènera à Madrestam. A la revoyure petite Dol Amroth, passe le bonjour à ton comte de père. »

Que l’Ombre S’étende
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